Afrique soleil couchant - voyages

Quelle école de magie pour l'Afrique ? (2)

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[II Uagadou mais pas comme ça]II Uagadou mais pas comme ça
1 Une école « millénaire »
Rowling nous présente donc, dans ce contexte, une seule école en Afrique qui a « résisté au passage du temps » et a une réputation millénaire. Soit.
Je viens de présenter rapidement l’histoire du continent, vous savez donc très bien qu’il est habité depuis plusieurs millénaires. C’est même le berceau de l’humanité. En faire également le berceau de la magie est donc une option séduisante, que je ne reproche pas à Rowling – bien au contraire.
Ceci étant dit, si on reste dans cette idée, « au moins mille ans », au regard de l’histoire du continent… Ca fait pas énorme. Si elle voulait signifier l’ancienneté des pratiques, elle aurait pu créer une école égyptienne survivante. Mais bon.
Si l’école a plus de mille ans, elle a été créée à une époque où l’influence européenne est minime voire inexistante dans l’Afrique subsaharienne. Or, on l’a dit, à l’époque, on était dans une caste et dans un métier par filiation, on apprenait son métier de son père. Pour la sorcellerie, ça tombe sous le sens, la magie étant héréditaire dans la majorité des cas : un sorcier pouvait donc enseigner à son fils sorcier. Quelle vie, quelles options pour les filles sorcières ou pour les sorciers naissants dans d’autres familles, ce serait probablement à réfléchir, mais ce n’est pas le sujet.
Donc, dans ce contexte de transmission du savoir essentiellement par l’oral et l’apprentissage, comment une école est-elle née ?
Je ne dis pas que c’est impossible. L’influence des arabes fait que la notion d’école était peut-être connue dans certaines régions du continent, par les élites. On peut imaginer un sorcier de cour, d’une caste dominante, décider de créer une école. Peut-être parce qu’il n’a pas d’enfants, peut-être parce qu’il y a des problèmes de magie non contrôlée, qu’importe. Il décide donc de créer son école.
Je l’ai dit, les relations entre ethnies, la transmission des savoirs est codifiée. Cette école, créée il y a plus de mille ans, ne peut pas avoir été ouverte à tous les petits sorciers du continent. Ce sorcier de cour qui l’a créée ne l’a nécessairement ouverte qu’aux enfants de son ethnie, éventuellement de quelques ethnies sœurs. Même en imaginant qu’il ne l’ait pas créée tout seul (avec un quorum comme les Fondateurs), il est difficile d’imaginer que l’école ait ouvert ses portes et mélangé les esclaves et les maîtres, les éleveurs et les planteurs, les artisans et les griots.
Donc l’école est millénaire, mais destinée à un public relativement réduit.
Il faut ensuite qu’elle passe les siècles, qu’elle survive aux effondrements d’empires, à la traite des esclaves, à la colonisation et à la libération.
Donc, il faut que l’école soit cachée. Je reviendrai là-dessus dans la troisième partie, mais je ne suis pas sûre que la cacher aux yeux des moldus ait eu la priorité, pour une école comme celle que je viens de décrire. La cacher aux autres peuples, aux envahisseurs, me semble la décision la plus logique. Et dans ce cas, il y a de très nombreuses options, du désert à la forêt équatoriale, en passant également par les quelques montagnes qu’il y a en effet sur le continent africain. Cela dit, pourquoi les Montagnes de la Lune spécifiquement, je ne sais pas. C’est envisageable si l’école d’origine était relativement proche (Ethiopie ? Kenya ? Somalie ? Soudan ?), moins si c’est une école créée en Afrique de l’Ouest.
Alors oui, je sais, la magie permet des déplacements sur des distances qui sont inimaginables pour des moldus avant l’avènement de la technologie. Mais enfin il ne s’agit pas seulement de déplacer des gens, et je ne les vois pas transplanter l’école sur des milliers de kilomètres.
En bref, si l’école est millénaire, je ne l’imagine pas du tout être « panafricaine ». Si elle a pu effectivement refuser de se dire ougandaise, je pense qu’elle aurait gardé l’attache ethnique (école bantoue, école tutsi) plutôt que d’adopter l’africanisme. Quant au choix de l’Ouganda, il me semble… bizarre, pour le moins.

2 Une école panafricaine
Avant d’attaquer cette partie, je tiens à préciser que le terme « panafricain » est utilisé dans l’article du WP et non dans la présentation de Uagadou par Pottermore, qui se contente de dire que « l’école accueille des enfants sorciers de toute l’Afrique ». Je vais donc traiter ces deux sujets de manière complémentaire.
Mais avant ça, un mot sur le panafricanisme. C’est un mouvement qui promeut la solidarité et l’unité des Africains où qu’ils soient dans le monde. Historiquement, les premiers penseurs du panafricanisme sont des afro-Américains et des Haïtiens de la deuxième moitié du XIX° siècle, qui écrivent d’abord en réaction au racisme scientifique et aux débuts de la ségrégation, à une époque de colonisation massive de l’Afrique et de fin de l’esclavage. Les premiers « congrès panafricains » rassemblent surtout des noirs des Caraïbes et d’Amérique. Peu à peu, le centre de gravité se déplace, et le panafricanisme devient un véritable moteur des mouvements de décolonisation de l’Afrique après la seconde guerre mondiale.
Nkrumah, futur président du Ghana, est à l’époque un des principaux leaders du mouvement panafricain. Dans les années 50, le panafricanisme se politise, se rapproche du communisme et des bases populaires. La vague de décolonisation et les choix des différents pays vont amener à la création de l’OUA (l’Organisation de l’Unité Africaine), encore active aujourd’hui. Cependant, cela va aussi faire changer les choses, certains pays prenant la voie du non-alignement tandis que d’autres font le choix d’un bloc ou de l’autre. Le panafricanisme, en tant que principe, reste important, mais quitte pour ainsi dire la sphère politique, pour rester un mouvement d’unité et de solidarité au niveau scientifique et culturel. (3)
Il est donc à fait possible, à la lueur de cet historique, qu’un sorcier africain (ou plusieurs), issu de l’élite africaine et rattaché à ce mouvement général, ait souhaité créer une école de magie pour revendiquer son héritage et l’histoire de l’Afrique, son approche de la magie et l’enseigner aux générations futures. Mais cette école ne peut pas avoir 1000 ans. Au mieux, l’école a une centaine d’années (et elle est alors probablement située au Libéria ou en Ethiopie). Plus probablement, elle a entre 70 et 50 ans.

Mon autre problème pour une école « qui rassemble des petits sorciers de toute l’Afrique », c’est la langue d’enseignement. Rien n’indique, dans l’œuvre de Rowling, qu’il existe un sortilège ou une potion de traduction (sinon, pourquoi les élèves de Beauxbâtons et Durmstrang parleraient-ils avec un aussi fort accent dans HP4 ?) Donc, en quelle langue les professeurs font-ils leurs cours ?
Surtout, rappelons-nous qu’il s’agit ici d’une école de magie pour les adolescents, à l’instar de Poudlard. Des enfants qui ont donc entre 11 et 18 ans, à peu près. Même si la majorité d’entre eux parlent déjà plusieurs langues, rien ne dit qu’ils sont capables de suivre des cours dans autant de langues différentes.
Alors, dans la majorité des pays africains, il y a plusieurs langues nationales. L’une d’entre elles, très souvent, est la langue de l’ancienne puissance colonisatrice (généralement le français ou l’anglais, donc, mais aussi le portugais). C’est la langue dans laquelle sont rédigés la majorité sinon tous les documents officiels, souvent celui des journaux… et de l’enseignement supérieur. Il est donc parfaitement envisageable que l’une de ces langues ait été choisie pour l’enseignement à Uagadou.
Mais laquelle ? Admettons que c’est l’anglais, si l’école est située en Ouganda. Les petits Sénégalais, Marocains ou Maliens de 11 ans parlent peut-être le français, plus ou moins bien en fonction de leur classe sociale et de leur fréquentation de l’école, mais il est plus qu’improbable qu’ils parlent également l’anglais – en tout cas assez bien pour suivre des cours dans cette langue.
Donc voilà. Sans doute mon plus gros problème avec la présentation de Uagadou, même en changeant « africaine » par « ougandaise ». « Toute l’Afrique » et « toute l’Afrique anglophone », ça reste deux choses différentes, madame Rowling.
Et on va me répondre qu’il peut y avoir deux cours, un en français et un en anglais. Certes. Avec des cours de langue pour apprendre l’autre. Ca existe en vrai, même si c’est dans l’enseignement supérieur plutôt qu’en collège/lycée. Je ne dis pas que c’est absolument impossible de faire une école panafricaine, je dis juste qu’il y a des questions logistiques qui auraient peut-être méritées d’être adressées – et qu’il est pour ainsi dire impossible qu’une telle école ait plus de mille ans.

3 les Montagnes de la Lune, en Ouganda
On arrive au dernier point, qui est, je l’avoue, celui qui me laisse le plus perplexe. Les Montagnes de la Lune, qui abritent Uagadou, sont en Ouganda. Pourquoi ? D’où sort ce choix ?
La première explication que je vois, c’est la sonorité. Uagadou, Ouganda, ça sonne pareil, après tout pourquoi pas. J’espère que ce n’est pas la véritable explication.
Ensuite, parlons géographie. Il y a effectivement des montagnes en Ouganda, le pays étant à une hauteur moyenne de 1100m au-dessus du niveau de la mer. Situé au bout de la Vallée du Nil, à l’entrée de la Vallée du Rift, le pays est cependant plutôt connu pour ses lacs : il est après tout au cœur de ce qu’on appelle « la région des grands lacs ». Cacher une école de magie dans les montagnes n’est pas absurde, mais choisir l’Ouganda spécifiquement n’est pas plus logique que choisir le Kenya ou la Tanzanie, qui sont voisins, avec un certain nombre de caractéristiques similaires, et qui de fait ont des montagnes plus hautes et plus inaccessibles que l’Ouganda. Le pays n’a pas d’accès à la mer, contrairement aux deux autres cités, ce qui a peut-être représenté une protection supplémentaire ? Mais alors le Rwanda aurait marché aussi, puisque c’est le « pays aux mille collines ».
Enfin, historiquement, la région de l’Ouganda est probablement, avec le reste de la vallée du Rift, l’un des plus vieux sites de peuplement humain. L’histoire des différents peuples qui se sont succédés, affrontés et mélangés dans la région est mal connue, mais plusieurs royaumes ont une existence avérée au cours des derniers siècles, notamment aux XIV° et XV° siècles. Les premiers commerçants arabes seraient arrivées au début du XIX° siècle, suivis par les Européens et la domination britannique jusqu’à l’indépendance en 1962. De nombreuses ethnies composent le pays, qui est cependant divisé entre les peuples dits « nilotiques », qui sont descendus du Nil au cours des siècles et vivent plutôt dans l’est et le nord du pays, et les peuples bantous, venus de la forêt équatoriale. La période qui a suivi la colonisation les a vus s’affronter pour le pouvoir, avant qu’Imin Dada fasse un coup d’état militaire et impose sa loi pendant presque 10 ans. Depuis, le pays connait des hauts et des bas, au niveau politique comme au niveau économique. (4)
Donc voilà. En bref, l’option Ouganda ne présente pas pour moi un intérêt significatif par rapport aux pays voisins, que ce soit au niveau géographique, historique, politique ou économique. J’avoue être sans doute un peu biaisée sur cette question, j’ai vécu au Kenya et énormément aimé ce pays, alors que rien ne m’attache à l’Ouganda.
En fait, si l’école a été créée en Ouganda et dans les Montagnes de la Lune, ok. Mais je ne vois pas pourquoi, comme c’est suggéré dans l’article, elle aurait été créée ailleurs et déplacée ensuite là. Si elle a été déplacée, je ne vois pas pourquoi ni comment le choix a pu se porter sur l’Ouganda. Surtout si le changement d’adresse est récent.


[III Pistes pour écrire une école de magie en Afrique]III Pistes pour écrire une école de magie en Afrique
Comme je reste une auteure de fanfics, à la suite de ces différents articles que j’ai pu lire, j’ai beaucoup réfléchi à la question. J’aimerais beaucoup écrire une histoire qui se déroule dans une école de magie en Afrique, mais je n’ai pas le début d’une idée d’intrigue, et pas forcément le temps d’écrire ou de faire des recherches (la preuve, les Chroniques attendent depuis des mois). Cependant, je pense que je peux vous proposer mes réflexions, à chacun ensuite de se faire son headcanon. Promettez-moi juste une chose : si vous écrivez une école de magie en Afrique, prévenez-moi !
Mais avant d’écrire l’école, ses cours et son fonctionnement, il y a un certain nombre de choses qu’il faut définir au niveau du monde.

1 La magie, c’est quoi, exactement ?
Je vous rassure, je ne cherche pas à vous entraîner sur un débat comme celui que j’ai pu avoir avec des copains sur la magie est-elle une onde ou une particule… Il s’agit ici plutôt de la pratique de la magie, des sortilèges en tant que tels. Je pourrais formuler ça ainsi : est-ce que c’est une langue ou des mathématiques ?
Je m’explique. Si la magie est comme les mathématiques, alors finalement, elle a un langage propre. Qu’on soit Français ou Japonais, une addition est une addition et donne toujours le même résultat. Auquel cas, si la magie fonctionne pareil, qu’importe la langue dans laquelle un sort est prononcée, ce qui compte, c’est… quoi, au fait ? L’intention ? Ca expliquerait, au passage, la magie informulée qu’on retrouve dans HP, la magie spontanée des enfants sorciers. La baguette devient alors un simple agent de focalisation et de transmission.
Si la magie est une langue, alors tout compte, la prononciation et le mouvement de baguette. Ce que semble indiquer Hermione qui corrige Ron sur Wingardium Leviosa, et le fait que la magie des gobelins est différente de celles des sorciers, selon toutes les apparences. Et dans ce cas, il est possible de « traduire » les sorts, mais la traduction ne sera jamais exactement pareille à l’originale, et chaque magie, comme chaque langue, sera unique. Deux personnes ne font alors pas exactement la même magie. Il est possible d’apprendre une autre magie, de grandir dans plusieurs magies, et celle dans laquelle on a étudié marque la façon de penser et d’agir et de voir le monde.
Notez bien que ces deux options me vont. Les deux sont envisageables, possibles dans le monde de Rowling tel qu’il est dépeint dans les romans, et les deux offrent un éventail quasi infini de possibilités et de réflexions sur les différentes magies.
Je pense cependant qu’il est important de bien définir ceci avant de commencer à écrire. Dans un cas, la « magie africaine » peut alors être la même que la « magie occidentale », mais avec d’autres noms pour les sorts, et peut-être une importance plus grande accordée à certains aspects (la transfiguration, par exemple, s’il faut en croire pottermore) et à certaines techniques (pas de baguette). Dans l’autre cas, chaque ethnie, ou en tout cas chaque groupe ethnologique, a probablement des sorts et des techniques bien spécifiques, qui peuvent être assez compliqués à apprendre pour d’autres.

2 Le rapport sorciers/moldus et sorciers/sorciers
Alors, je l’ai dit, l’histoire est l’une de mes marottes… Mais c’est pas pour ça que c’est pas important, comme on dit.
Dans les romans de Rowling, le lien entre sorciers et moldus est établi depuis longtemps, et historiquement logique avec le monde réel. Les chasses aux sorcières, la loi du secret… Et même la présence de sorciers et nécromanciens aux cours de certains rois européens à la Renaissance ne change pas trop ça : ce pouvaient être des charlatans. Quoi qu’il en soit, tout ça est loin dans le passé pour Harry, et l’Angleterre moderne ne croit plus du tout à la sorcellerie. Quant à la rencontre avec d’autres sorciers d’autres peuples, elles ont pu se faire dans le cadre des échanges commerciaux ou des guerres en Europe, mais toujours plus ou moins sur un principe d’égalité.
Or la situation est bien différente en Afrique. Le vaudou, les marabouts, l’animisme, sont encore très vivaces au moins dans certaines régions du continent. Quel lien les sorciers africains, les « vrais », ceux de Rowling, ont-ils avec la population ? Quels liens ont-ils avec les élites intellectuelles, celles qui ont été formées en occident et ne croient pas, plus (quoique) à la magie ? Quels liens ont-ils avec le pouvoir, les pouvoirs, les peuples ? Quels liens avaient-ils avec ces dirigeants à la décolonisation ? Après tout, ce ne sont pas forcément les plus brillants, les plus éduqués ou les moins superstitieux qui ont été portés au pouvoir...
Et enfin…  quel rôle ont joué les sorciers occidentaux lors de la colonisation ?
L’Angleterre sorcière de Rowling ressemble beaucoup à l’époque victorienne, que ce soit au niveau technologique comme idéologique. Les sorciers font preuve d’un racisme notoire à l’égard des autres espèces magiques, mais aussi envers les moldus – et entre eux. Ce racisme ne semble pas, dans les romans, s’intéresser à la couleur de peau, mais il me semble difficile de croire pour autant que les sorciers anglais ou français qui sont partis explorer l’Afrique ont rencontrés les sorciers d’Afrique comme des frères. On l’a dit, Rowling l’a souligné sur Pottermore, ils utilisent peu ou pas la baguette, ont des pratiques et des habitudes différentes. Il semble donc probable que les sorciers occidentaux, comme leurs contemporains moldus, se pensaient supérieurs à tous points de vue.
Alors ? Est-ce que, à l’image des écoles des pères blancs, ils ont mis en place des écoles de magie « occidentales », quitte à enlever les enfants sorciers à leur famille ? Est-ce qu’ils se sont secrètement associés aux moldus pour discréditer la magie, afin de protéger la loi du secret ? Combien de temps leur a-t-il fallu pour accueillir des sorciers africains dans leurs confédérations ? Lesquels ont-ils acceptés, reconnus ? Ont-ils obligé les sorciers africains à constituer des ministères de la magie dans chaque pays, sur le modèle occidental, comme les moldus ont calqué leurs administrations sur celles de leurs anciennes colonies ? Et si oui, ce fonctionnement est-il efficace…

3 Quel modèle d’école ?
Je l’ai dit dans la partie précédente, l’âge, la localisation et le panafricanisme de Uagadou telle qu’elle nous est présentée me pose problème. Néanmoins, je pense qu’il y a plusieurs options d’écoles de magie possibles en Afrique.
On peut d’abord imaginer une école moderne, assez récente, qui a pu s’inspirer des écoles de magie occidentales – quitte à ce que, comme je le disais dans le paragraphe sur le panafricanisme, cette école revendique son héritage millénaire et la magie africaine. On peut alors imaginer des professeurs de nombreuses régions du continent, avec leurs spécialités, leur magie, leur culture. Je pense qu’une telle école pourrait avoir un grand rayonnement régional, mais doit être rattachée soit à la culture anglaise (Afrique de l’Est et Australe, enseignement en anglais) soit à la culture française (Afrique de l’Ouest et du Centre, enseignement en français). Faire une école véritablement panafricaine, qui accueillerait effectivement des enfants de partout, me semble un cauchemar logistique, et plus plausible pour une université que pour une école. Cela dit, avec beaucoup d’ambition et d’organisation, c’est sans doute possible…
L’autre option, c’est une école qui ne se veut pas universelle – ou panafricaine. On peut imaginer une école dogon, ou une école haoussa, une école swahili, etc. A rattacher dans ce cas à une tradition ancestrale, l’école peut être très vieille – mais elle ne va accueillir que des enfants issus de cette ethnie, de ce groupement. A vrai dire, j’aime assez l’idée d’une école égyptienne, qui date des pharaons, très cachée et très secrète, installée loin en remontant le Nil…
On peut aussi envisager des écoles nationales, plus récentes, avec un enseignement dans la langue officielle, mais il y a alors de fortes chances qu’elles dépendent davantage du gouvernement – et, pourquoi pas, des intérêts des sorciers de la puissance colonisatrice, qui ont pu mettre en place ce genre d’école. On pourrait être là dans le cas d’une de ces écoles « mineures » mentionnées par Rowling, et ça pose plein de questions intéressantes : les petits sorciers expatriés, ou les petits sorciers descendants des colons, est-ce qu’ils vont là, ou bien sont-ils envoyés étudier en occident, à Beaubâtons ou Poudlard ?


Ouverture/Conclusion
La carte nous annonce 11 écoles, on a la localisation de 7 d’entre elles. Il en reste donc 4 à placer. L’Afrique, on le sait, ne devrait pas en récupérer une deuxième, puisque Uagadou est « la seule qui ait une réputation internationale ». J’imagine, au vu de la carte actuelle, que l’Océanie devrait récupérer une école… J’espère que la péninsule arabique en aura également une. A voir si l’Extrême-Orient a droit à une ou deux (Chine + Asie du Sud-Est ?). Mais j’ai hâte de voir ça.
Je comprends le choix de 2 des 4 écoles présentées en plus des 3 européennes déjà connu : celle du Brésil est mentionnée dans les romans (le fameux correspondant de Bill Weasley), celle des Etats-Unis sera dans Animaux Fantastiques. Pourquoi le Japon et l’Afrique, en revanche, mystère. Peut-être histoire d’équilibrer les continents. Peut-être parce qu’il y a beaucoup de fans d’HP au Japon. Peut-être histoire de ne pas oublier l’Afrique (comme cela arrive si souvent). Pourquoi 4, et pas les 8 autres d’un coup, je ne sais pas. Quoi qu’il arrive, ça aurait peut-être (sans doute ?) mérité davantage de préparation, de recherche et de réflexion.

Remerciements
Merci à Tallia d’avoir non seulement attiré mon attention là-dessus mais de m’avoir demandé mon avis. J’adore le donner mais je n’ose pas toujours, et si j’avais lu l’article comme ça, je n’aurais peut-être rien fait de plus que de râler dans mon coin.
Merci à Océ pour la relecture et l’aide pour structurer mon mail de façon à en faire quelque chose d’ordonné – j’espère.

[Sources / Pour en savoir plus]Sources / Pour en savoir plus
Tous les liens liés à Pottermore et à l'article du Washington Post sont cliquables. Par ailleurs, j'ai quand même vérifié mes informations sur l'Afrique avant de les écrire, donc je vous propose quelques liens wikipedia.
(1) Pour ceux que l'Ethiopie fait rêver, je vous conseille l'Abyssin, de Jean-Christophe Rufin, roman historique qui raconte l'histoire de Jean-Baptiste Poncet, apothicaire sous Louis XIV, érudit et aventurier, qui est envoyé en ambassade en Abyssinie pour soigner le Négus (empereur d'Éthiopie). Et pour ceux qui veulent juste un aperçu, il y a toujours wiki : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thiopie
(2) Pour approfondir sur la langue swahilie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kiswahili

(3) Pour plus de détails sur le panafricanisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Panafricanisme
(4) Et enfin, tout savoir sur l'Ouganda : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouganda
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Quelle école de magie pour l'Afrique ? (1)

Vous me pardonnerez j'espère pour ce titre, je manque d'inspiration

Dans le cadre du Jour de Célébration d’Harry Potter au parc d’attraction HP d’Orlando (USA) le 29 janvier, et dans le contexte d’un monde HP en expansion « canonique » avec la pièce de théâtre Cursed Child et la prochaine sortie du film Animaux Magiques et comment s’en protéger , JKR a fait via Pottermore plusieurs ajouts à son monde. Et plus particulièrement, elle a donné de nouvelles informations sur les écoles de magie du monde.

Ces informations peuvent se résumer à ceci : il y a 11 écoles de magie de renommées internationales. Il existe une carte qui donne une vague localisation de 7 d’entre elles, les 3 Européennes que nous connaissons déjà (Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang), plus 4 que nous découvrons :

  • L’école Ilvermorny, située en Amérique du Nord (à l’Est des Etats-Unis). Peu d’informations dessus pour le moment (« bientôt », s’il faut en croire Pottermore), mais on sait qu’outre Pottermore, le film Animaux Magiques devrait nous en apprendre plus

  • L’école  Mahoutokoro au Japon (lien en anglais)

  • L’école Castelobruxo au Brésil (lien en anglais)

  • L’école Uagadou en Afrique (lien en anglais)

L’information a été largement relayée par la presse, et la twittosphère s’en est emparée sous la forme d’un micro-scandale à base de « l’Afrique n’est pas un pays ». Quelle a été la mesure de cette réaction twitter, je l’ignore, mais cela a entraîné deux choses :

  • Rowling a répondu à ceux qui s’estimaient déçus, elle a précisé que l’école Uagadou est située en Ouganda, et qu’effectivement Pottermore devrait préciser. C’est désormais chose faite sur Pottermore (lien en anglais)

  • Le Washington Post a fait un article défendant la formulation initiale.

Vous pouvez lire l’article du WP en entier et en version originale en cliquant sur ce lien, mais pour ceux qui ne lisent pas l’anglais et/ou ne veulent pas s’embêter, voici un résumé de leur argumentation :
[un résumé de leur argumentation]Après un résumé de la controverse tel que je l’ai indiqué ci-dessus, l’article dit qu’une école de magie pourrait justement préférer être reconnue comme école africaine plutôt qu’ougandaise (ou de tout autre pays, d’ailleurs), et que cette idée a un fondement historique.
S’ensuit un exposé historique qui explique que, jusqu’à la colonisation, le continent africain n’avait pas vraiment d’Etats organisés. En Europe (et au Japon), une population nombreuse et des ressources (plus ou moins) rares ont amené les Etats à se battre entre eux et à s’organiser. En Afrique en revanche, s’il y avait des Etats, ils étaient peu nombreux, assez épars, et moins organisés.
Il faut ajouter à cette réalité le poids de l’esclavage et de la colonisation. En effet, la traite des noirs a dépeuplé massivement certaines régions et déséquilibré des sociétés. De plus, les régions qui abritaient des Etats organisés ont statistiquement davantage souffert de la colonisation que les autres : la population étant nombreuse dans ces régions, elle a été exploitée par les colons qui se sont appuyés sur les systèmes existants.
Donc, s’il y a une école de magie en Afrique, elle a été créée et a existé en-dehors des Etats. Contrairement à Poudlard : malgré les guerres entre l’Ecosse et l’Angleterre, l’Etat était fort et l’est resté sur des centaines d’années. Cet Etat fort a fait un Ministère de la Magie à peu près compétent qui a des relations avec Poudlard – relations difficiles, certes, parfois, mais relations tout de même, et une certaine mainmise de l’un sur l’autre.
En revanche, Uagadou serait beaucoup, beaucoup plus vieux que l’Ouganda. Et, étant donné la faiblesse des Etats pré-colonisation, l’école se serait appuyée davantage sur des savoirs magiques locaux plutôt que nationaux, avec des ramifications ethniques qui peuvent aller bien plus loin que les frontières de l’Ouganda. Ces connections pourraient continuer d’exister après la création de l’Ouganda, et ferait de Uagadou une école bien plus indépendante de l’Ouganda que Poudlard ne l’est du Ministère de la Magie anglais.
La question est donc, à l’indépendance, est-ce que l’école aurait voulu s’associer avec un nouvel Etat, légitime uniquement parce qu’il abrite l’école dans son territoire ? Ou bien a-t-elle voulu se lier à une sorte de mouvement panafricain sorcier et se réclamer, donc, du continent entier ? La deuxième solution semble assez logique et défendable.


Jusque là, je n’étais pas du tout au courant de ces annonces de Rowling, des nouvelles écoles, ou même du scandale sur twitter. Mais il se trouve que tallia, qui me connait bien, a partagé sur mon mur Facebook l’article du WP, me demandant mon avis et mon analyse. Ma lecture rapide s’est transformé en relecture, mes trois idées en 2000 mots, et du mail de réponse que je lui ai fait j’ai décidé de tirer cet article.

[Avant-propos]Avant-propos
Pour ceux qui ne me connaissent pas, une petite explication/présentation. Je suis Française, j’ai une vingtaine d’années, et je suis fan d’Harry Potter depuis mes onze ans (qui commencent à dater). Fille de coopérant, j’ai également grandi dans différents pays d’Afrique, pendant plusieurs années à chaque fois, et c’est sur la base de cette double connaissance que Tallia voulait mon analyse de l’article du WP.
Je ne suis ni sociologue, ni ethnologue, ni même historienne. J’ai une bonne formation générale et une passion pour l’histoire, mais je ne suis pas et ne prétend pas être une experte de l’Afrique, dans sa totalité ou même dans les pays que j’ai habité. Je ne suis pas non plus native d’un pays africain, j’ai été éduquée à l’occidentale et ai fait mes études en lycée français puis en France pour les études supérieures.
Pour toutes ces raisons, l’opinion que je présente dans la suite ne se veut absolument pas exhaustive. Elle est basée sur mes observations personnelles, des ressentis, et ce que je sais et ai appris sur le continent africain. Ces connaissances sont plus grandes que pour un Français « moyen » qui n’aurait jamais mis les pieds en Afrique (subsaharienne), mais elles sont nécessairement lacunaires. J’ai approfondi et détaillé mon mail d’origine en le transposant, mais cela reste un exposé rapide, plutôt destiné à des gens qui ne connaissent pas ou mal le continent. Si des Africains et/ou des experts me lisent, ils auront sans doute beaucoup de choses à nuancer et à préciser – j’espère pas trop à rectifier.
Vous noterez également que je reste concentrée sur deux régions (l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est), ce qui revient à ignorer l’Afrique du Nord, l’Afrique Centrale et l’Afrique Australe, pour parler uniquement des grandes régions. Il y a encore au sein de ces sous-ensembles une multitude de diversités, de réalités et d’histoires, et j’en suis bien consciente. J’ai fait ces choix là aussi pour des raisons de rapidité et de soutien de mon propos d’une part, et d’autre part parce que ce sont les deux régions que je connais le mieux, pour y avoir habité.

Par ailleurs, au niveau de Rowling. Je l’ai dit, je suis une fan de ses romans et de son univers depuis bien longtemps. Je lui serai éternellement reconnaissante pour cet univers avec lequel j’ai grandi, pour les rêveries immenses qu’il (l’univers) a entraîné, et pour le monde que cela m’a ouvert : celui de la fanfic. Je lui en suis d’autant plus reconnaissante que c’est par la fanfic que j’ai rencontré certains de mes meilleurs amis, d’une part, et d’autre part parce qu’elle a su, elle a eu l’intelligence et le doigté de soutenir la fanfiction et de trouver que c’était formidable, tous ces gens qui écrivaient sur son œuvre, sur ses persos, dans son monde.
Ceci étant posé, il y a également de grosses lacunes, dans son monde. Ce qui en fait bien sûr tout l’intérêt pour un/e auteur/e de fanfic, on est bien d’accord : se glisser dans ce qui n’a pas été écrit, pas été dit, tout est là. Et ces lacunes sont relativement justifiées dans les romans tels qu’ils sont écrits : tout est raconté du point de vue d’Harry, qui n’est pas forcément intéressé par l’histoire du monde sorcier, son fonctionnement administratif, ou ses nuances au niveau mondial. Soit. On peut du coup pardonner un manque de détail, une réflexion qui n’a pas forcément été poussée jusqu’au bout (allez, il y a combien d’élèves, à Poudlard, en vrai ?), quelques imprécisions. Après tout, on lit pour l’intrigue.
En revanche, dès qu’on sort des romans (comme c’est le cas avec Pottermore), ça devient plus gênant. Il y a des critiques qui sont faites sur les manques du roman, et ils ont leur légitimité, mais on ne peut pas non plus reprocher à Rowling de n’avoir pas anticipé le succès planétaire de son histoire et la passion des fans à creuser et retenir tellement de détails qu’ils ont bien fini par trouver ce qui ne collait pas. Mais à partir du moment où elle essaie de justifier ces manquements, d’étoffer son monde… Là en revanche il devrait y avoir une réflexion plus poussée, des recherches si nécessaire. Et ça manque sérieusement à plusieurs niveaux sur Pottermore. Je ne reviendrai pas sur la maison Serpentard (un autre article un autre jour, peut-être), mais je vais donc m’attarder sur cette histoire d’école africaine et le nombre de trucs qui ne collent pas.


Introduction
Je l’ai dit, cet article vient au départ d’un mail envoyé à Tallia, qui contenait un certain nombre de réflexion pas forcément organisées… Ou plutôt, des idées « en escargot », comme je dis : de la base de mon raisonnement (qui peut se résumer à « une école millénaire ne peut pas être panafricaine »), je suis passée à plusieurs autres choses, toujours en revenant là-dessus et en approfondissant à chaque fois. C’est très bien pour une discussion, moins pour un exposé.
Aussi, vous me pardonnerez, mes antécédents préparationnaires m’ont rattrapée, et voici un plan avec une problématique et trois parties.
Je vais donc chercher à montrer pourquoi il est impossible d’avoir une école qui est à la fois en Ouganda, millénaire et « panafricaine ». Elle peut avoir une, voire deux de ces caractéristiques, mais pas les trois. Pour se faire, je vais d’abord brosser un panorama de l’histoire et de l’organisation de l’Afrique. Ensuite j’expliciterai les raisons pour lesquelles Uagadou n’a aucune chance, aucune raison d’exister ou de fonctionner de la manière dont Rowling l’a décrite. Et enfin, je présenterai quelques options qu’elle aurait pu choisir et qui auraient mieux fonctionné, et donner ainsi mes "conseils" à quiconque voudrait écrire cette école de magie en Afrique.

[I L’Afrique est un continent]I L’Afrique est un continent
L’Afrique est un continent. Immense. Il représente 20% des terres émergées sur le globe. J’insiste parce qu’on a parfois un peu tendance à l’oublier. Sa superficie est trois fois supérieure à celle de l’Europe. Les généralités que je vais faire sont donc assez grossières, mais admettons.

A l’époque antique, l’Afrique du Nord est l’un des berceaux de la civilisation occidentale, avec l’Egypte qui domine pendant des centaines d’années le delta du Nil et le sud de la Méditerranée. Plusieurs explorations sont menées vers le sud, pour trouver les sources du Nil, sans que jamais le lac Victoria ne soit atteint. En revanche, certaines peuplades noires vivant le long du Nil sont asservies par les Egyptiens avec plus ou moins de succès.
Le déclin de l’Egypte fait décliner son emprise sur l’Afrique sub-saharienne, mais certaines influences semblent avoir subsisté. Par ailleurs, des villes-Etats se développent sur les bords de la Méditerranée (Carthage), tandis que le sud du Sahara reste largement méconnu par les Européens – et nos livres d’histoire à tous.
Pourtant, il y a des peuples qui vivent – et se développent. Dans les zones du Sahel (la savane au sud du Sahara) des royaumes se créent, avec une caste dominante, et ses royaumes prospèrent – entre autre grâce aux échanges avec les villes méditerranéennes, permises par les caravanes de dromadaires qui traversent le Sahara. A l’Est, en Ethiopie, il y a un royaume qui, s’il va changer de noms et de mains plusieurs fois au cours de l’histoire, reste une réalité jusqu’au XX° siècle, et est singulier parce que c’est un royaume chrétien dans une région plutôt musulmane – ce qui en fera une source de rêveries pleines d’or pour certains explorateurs (et rois) européens entre les XV° et XVII° siècles. (1)
La conquête arabe de l’Afrique du Nord au début du Moyen-Age introduit l’Islam sur le continent. Le Royaume du Ghana, à l’époque très prospère, voit arriver de nombreux marchands musulmans et l’élite se convertit peu à peu. Par ailleurs, certains peuples berbères fuyant l’islamisation et le pouvoir des « arabes » traversent le Sahara et s’installent au nord du Sahel (Mali, Niger actuels). A l’Est, les musulmans installent quelques comptoirs le long des côtes, pour commercer avec l’Arabie.
Plus au sud, il y a un grand royaume qui se développe pendant quelques siècles au niveau du delta du Niger (Nigéria actuel). Et de l’autre côté de la forêt équatoriale, dans l’actuel Mozambique et Zimbabwé, les bantous créent un grand empire puissant, basé sur l’or, présent en quantités dans la région.

Ces différentes sociétés, ces différents royaumes, existent selon un certain nombre de règles et de codes. Les populations sont organisées en ethnies, en clans, en familles, toutes n’étant pas égales entre elles. Il y a également un système de « castes » liées aux métiers. Les relations entre les différentes castes et différentes ethnies sont bien souvent codifiées.
Les ethnies dominantes asservissent les autres ethnies qui vivent sur le même territoire, les vendent comme esclaves et les font travailler pour eux. Les mariages inter-ethnies sont également codifiés, certaines ethnies sont complètement fermées à tout mariage à l’extérieur, d’autres au contraire interdisent d’épouser un membre de son clan. Souvent, les codes varient pour les hommes et pour les femmes. Il y a aussi des notions d’ethnies « sœurs », avec lesquelles une union peut être autorisée, tandis qu’elle sera interdite avec d’autres ethnies.
Je ne m’étends pas trop là-dessus, une fois de plus je ne suis pas ethnologue… Mais ces relations entre ethnies sont fascinantes – et complexes. Je soupçonne personnellement que ces « ethnies sœurs » sont en fait la même, que le temps et l’éloignement a fait évoluer dans deux directions différentes.
Chaque ethnie a sa langue, ses traditions, et son ensemble de croyances. Bien sûr, il y a des points communs parfois, entre des ethnies qui ont la même origine, ou entre ethnies qui partagent un même territoire. Les ethnies commerçantes, souvent, on servi de facteur rassembleur, parfois sur des territoires assez grands, transmettant des traditions apprises d’un côté à l’autre. Ainsi, le développement de la langue swahili en Afrique de l’Est montre l’influence de la langue arabe (et, avec elle, de l’islam), son développement dans la sous-région, et la quantité et la variété des échanges commerciaux le long de la Vallée du Rift. Cela montre aussi quelles ethnies avaient besoin de parler le swahili et l’ont intégré, ou y ont apporté leurs touches, et les ethnies qui au contraire vivaient/vivent en autarcie (les Masaï), parmi lesquels personne ne parlait le swahili. (2)

La traite des esclaves, puis la colonisation, ont très bien su s’appuyer sur ces différences entre ethnies. Les marchands d’esclaves (arabes ou européens) traitaient avec les ethnies dominantes, qui leur vendaient les populations qu’ils avaient asservies ou battues au combat. Avec le développement massif de la traite océanique au XVI° siècle, les royaumes et les peuples de l’intérieur des terres sont saignés à l’avantage des royaumes proches des littoraux, qui sont ceux qui traitent avec les Européens.
A la fin du XIX°, les grandes explorations de l’intérieur du continent par les Européens entraînent une colonisation et une évangélisation massive de l’ensemble du continent. La mainmise des Européens est de plus en plus effective au cours des années, et s’appuie sur un ensemble de mécanismes qui varie d’un endroit à l’autre. Bien souvent, les colonisateurs se sont appuyés sur les élites locales et les ethnies dominantes pour assoir leur domination. Quand ce n’était pas possible et que l’ethnie dominante a refusé leur joug, ils se sont au contraire appuyés sur une autre ethnie, agitant les conflits internes pour obtenir ce qu’ils désiraient, tout en permettant à l’ethnie « amie » de régler ses comptes – parfois violemment.
Les colons, forts de leur « mission civilisatrice », déstabilisent complètement l’organisation des sociétés qu’ils ont soumises et, d’ailleurs, ne s’y intéressent absolument pas : ils sont blancs donc supérieurs (c’est la grande époque des théories sur la hiérarchie des races), imposent leurs valeurs, leurs religions, leurs systèmes et répriment très durement tout soulèvement.

La première guerre mondiale marque un changement avec la présence, dans les tranchées, de soldats africains. Les mouvements anti-colonisation se développent entre les deux guerres puis encore plus largement après la deuxième guerre mondiale. Dans le même temps, des élites de ces pays africains, formés en Europe, revendiquent l’égalité et l’indépendance pour leurs pays, leurs peuples.
En 1965, la plupart des pays d’Afrique sont indépendants, même s’il faudra encore attendre plusieurs années pour qu’ils le soient tous. Ces pays africains connaissent depuis une fortune diverse, pris qu’ils furent entre les deux camps de la guerre froide, l’influence souvent encore forte de l’ancienne puissance colonisatrice, les ambitions personnelles et les réalités géopolitiques. Je n’insiste pas trop là-dessus, d’abord ce n’est pas le sujet, ensuite vous êtes a priori plutôt au courant. Au moins dans les grandes lignes.
Je tiens seulement à souligner ceci : l’organisation précoloniale (les ethnies, les familles) n’a pas disparu. Les Etats actuels sont censés être égalitaires et favoriser le mérite, selon les grands principes chers à l’ONU. Aucune constitution ne dit jamais que le président doit être un Bantou ou un Bamiléké ou qu’il ne peut être un Targui. Et de fait, dans les administrations, les écoles, les institutions, aucune discrimination n’est ouvertement faite à l’embauche sur l’ethnie des postulants.
Pour autant, il serait faux, très faux de croire que les ethnies sont un simple reliquat. Les deux réalités coexistent, et pas toujours avec succès. C’est vrai pour les ethnies comme pour le reste. On dit souvent que le Bénin est « 50% musulman, 50% chrétien, et 100% animiste ». Certaines croyances et traditions sont bien implantées et ont survécu à l’islamisation comme aux Pères Blancs. De même, les griots continuent de raconter leurs histoires de père en fils, même si c’est parfois à la lumière du néon plutôt que du feu.
Bien sûr, je schématise. Il y a des nuances en fonction des pays, des peuples, des lieux. Ceux des villes sont généralement moins ouvertement traditionnalistes que ceux des campagnes. La télé, le téléphone portable, sont des vecteurs d’influences qui se développent très vite et ont un impact sur les sociétés africaines.
Toutes ces notions, ce brossage très rapide que je viens de faire de l’histoire et de l’organisation du continent africain est à garder en tête pour la suite. Ils disent presque tout seul pourquoi Uagadou ne peut pas être ce que Rowling en a fait, comme je vais le montrer.


La suite tout de suite !
oeil bleu - écrits

SHF (2)

Le temps est passé vite depuis février, mais n'allez pas croire que nous avons abandonné le projet !

Les rencontres se sont maintenues de samedi en samedi jusqu'au milieu du mois de mai, à peu près. Après quoi, on avait bouclé plein de trucs et on a été toutes les deux très occupées côté boulot (le vrai, dans la vraie vie). Du coup... les réunions se sont essouflées. Mais on s'est revues cet été et on a bouclé quelques nouveaux trucs, pour mieux repartir.
Mais laissez-moi reprendre du début.

Donc en février, Mariam avait un nom, une famille, des amis. Et une vague notion de ses pouvoirs. Tous ces aspects ont été approfondis et creusés.

[Mariam]Mariam
Elle a donc un nom, une date de naissance, un signe astro, et même une maison de Poudlard (Gryffondor - évidemment). Elle a aussi une apparence physique assez précise ("grande asperge", brune aux cheveux frisés, un sourire communicatif). Une moto, un style, presque une façon de parler. Des tics, des habitudes, des relations à peu près définies avec sa famille (au sens large), ses potes, ses camarades. Je pense que ça y est, on la maîtrise bien.


[Pouvoirs]Pouvoirs
On sait désormais comment ils s'expriment et comment les décrire. On a décidé que Mariam puisait de l'énergie dans son environnement, dans la chaleur plus précisément. Ce qui fait que la température descend quand elle utilise ses pouvoirs. Elle a, du coup, une certaine insensibilité au froid (ce qui permet de jouer sur l'aspect "mi-serpent" de la légende de Mélusine).
Elle peut utiliser ses pouvoirs quand elle veut, mais plus elle s'exerce plus elle peut faire de choses - et utiliser moins de chaleur. Elle peut également perdre le contrôle sur ses pouvoirs (ce qui arrive quand elle les "découvre"), en situation de stress intense. Dans ce cas-là, l'effort l'épuise également.
Ses pouvoirs ont aussi des limites, elle ne peut modifier que la matière, pas le vivant - ni les pensées.
Encore que pour les pensées, elle pourrait, potentiellement. Ce qui va avec son pouvoir (qu'on développera tout doucement) de percevoir les autres sans les voir. Donc on peut envisager un univers alternatif dark dans lequel elle contrôlerait les pensées des autres, mais on ne développera pas dans ce sens-là.


[Potes]Potes
On a creusé son groupe d'amis. Eux aussi, maintenant, ont tous un nom, un visage, une famille, des rêves et un (début d') avenir. On sait comment ils vont réagir aux pouvoirs de Mariam, et pourquoi. On sait ce qu'ils lui apportent, pourquoi ils sont amis. On sait même qui on devrait tuer s'il fallait en tuer un (non, Ahe, j'ai pas envie non plus !).
Si ça vous intéresse, dites-le, j'en ferai une description sommaire. Ils sont chouettes, tous, et ils font une bonne bande. On sait où ils trainent et ce qu'ils aiment. On sait qui préfère Angel à Spike, et pourquoi (et qui est amoureux de Faith, aussi. Sisi).


[Famille]Famille
J'ai parlé longuement la dernière fois de la création des familles, celle d'Atiya comme celle d'Alain. Qui est devenu un véritable clan, Ahe comme moi ayant une notion très précise de ce que ça signifie. Tous ces personnages se sont étoffés, ont des familles, des noms - des défauts. Comme toutes les familles, le clan Chancelles a ses failles et ses disputes. Juste pour le plaisir, je vous mets le descriptif d'Alain et du frère qui vient juste avant lui (vous devinerez aisément que leurs relations ne sont pas forcément au beau fixe).

Alain Chancelles (1949)

père de Mariam, il est le troisième, avec deux frères plus âgés, une petite soeur qui lui fait rencontrer Atiya.

Professeur de français

Revenu du maoïsme, toujours optimiste... Un brin révolutionnaire. Lecteur de Charlie Hebdo. Ils sont un poil bobos, aussi, hein…

Gryffondor, il tutoie tout le monde

Grand dégingandé, les cheveux châtains toujours trop longs, les yeux verts cachés par ses lunettes.

Joël Chancelles (1946)

Banquier à Poitiers, sa femme, Anne, tient une petite boutique. Ils ont trois filles (la dernière est du même âge que Natalia ou presque). Ils font du vélo, ils ont deux voitures, un chien. Sarkozystes, inquiets par principe.

Mariés en 72, leurs filles sont nées en 74 (Emilie), 76 (Valérie) et 78 (Coralie).

[Intrigues]

Intrigues
C'est probablement là-dessus que nous avons le plus travaillé. On a, à l'heure actuelle, 4 histoires et demi avec une trame à peu près construite et des sujets à aborder.
La première histoire a déjà sa scène de fin. L'intrigue est décidée, définie. On sait quel est l'événement qui va faire découvrir ses pouvoirs à Mariam, on sait pourquoi, on sait comment. On a presque trouvé le ton de l'histoire, et on a les grands éléments des deux ou trois premiers chapitres. On a même la première scène !
Ne reste plus qu'à l'écrire. Et pour ça... Je laisse la place à Ahe. L'architecte en moi se contente de poser les questions qui fâchent, de remplir la chronologie de l'année 2004 (en France et dans le monde). Et de construire du background inutile.



Voilà, j'espère avoir raconté quelques trucs intéressants. Si vous voulez en savoir plus, moins, plus souvent, autrement... Dites-moi.

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Afrique soleil couchant - voyages

Y a quand même un truc

Il y a quand même un truc. Quelque chose, une sensation, dans le fait de découvrir une ville pour la première fois. D'abord, les lumières, en tout petit, depuis le hublot de l'avion, qui grossissent peu à peu dans le son sourd des réacteurs. Le premier choc des roues sur le tarmac, et un sourire que je ne peux jamais réprimer.

Puis, il y a la vraie entrée dans la ville. Généralement en voiture, et par une route triste. Pourquoi les routes des aéroports sont-elles toujours tristes, je ne sais pas. Ma palme toute personnelle va à celle qui mène à Roissy Charles de Gaulle, qu'on s'y rende en voiture ou en rer. Les plus belles sont sans doute celles de Nice et de Nairobi.

Après, c'est la première marche dans la ville. Marcher a toujours été mon moyen préféré pour ressentir une ville. Pour en connaitre la taille, les détours, les recoins, les odeurs et les sons. Aucune ville ne se ressemble quand on arpente ses rues. Je vous ferai grâce des villes que j'ai vécu, mais chacune m'a laissé une impression bien différente après cette première marche. Toutes, cependant, m'ont fait sourire, au moins un instant. Y a quand même un truc, un truc très fort, dans le fait de découvrir une ville pour la première fois.

Un truc que j'aime. Un truc dont je ne me lasse pas. Un truc qui me fait un peu palpiter le coeur, qui me met de bonne humeur, me fait sourire.
Après, bien sûr, le présent reprend ses droits. Si je suis là pour m'installer et pas en touriste, il faut s'habituer à la ville, aux gens, se faire des amis, sortir, trouver les bons supermarchés, identifier les coins à éviter... Et parfois (souvent), c'est un peu chiant, et le doux réconfort de l'ordinateur, des séries, et des amis à des milliers de kilomètres mais toujours présents me sont plus appréciables que l'effort d'adaptation.

Mais il y a quand même un truc.
oeil bleu - écrits

SHF

Derrière ce sigle incompréhensible se cache un projet délirant dans lequel je me suis lancée, avec ahelya_d. Celui de créer une superhéroïne française, en respectant ET détournant une grande partie des codes et tropes du genre. Avec l'accord d'Ahe, je me propose de vous tenir plus ou moins informés de l'avancée du projet, pour ceux que ça intéresse. Ca nous permettra aussi de documenter, de ne pas oublier ce qui a changé au fur et à mesure.

Mais commençons au début.

[Les origines du projet]Les origines du projet

Je ne suis pas une fan de superhéros. Vivant à l'étranger, j'ai grandi avec des cassettes Disney plutôt qu'avec la télé, et je lisais des BD franco-belge. Mes parents n'étaient pas vraiment du genre à nous faire baigner dans la culture américaine, plutôt le contraire. Je me souviens, ado, avoir regardé un épisode de Smallville... Et c'est à peu près tout. Comment ai-je appris qui était Batman, je ne sais pas, mais je n'ai pas vu les vieux films. J'ai vu le premier Spiderman (celui avec Tobey McGuire) au Kenya, à 12 ou 13 ans... Et je devais avoir 20 ans, au mieux, quand j'ai vu le premier X-men - qui ne m'a d'ailleurs que moyennement intéressée.
Et puis j'ai rencontré Tallia. Parce que oui, indirectement, je la considère comme en partie responsable. Elle aime (ou aimait, à l'époque) les films d'aventures et de chasse au trésor, on en a vu plusieurs ensemble. C'est elle aussi qui m'a fait regarder Batman Begins et Constantine. Vous me direz, c'est léger comme introduction. Mais c'en est une.
Et puis... Et puis j'ai rencontré Ahe, qui, elle, a grandi avec le dessin animé Batman de 1992. Et qui a entrepris de faire mon éducation ès superhéros. Voilà comment, à l'insu de mon plein gré, j'ai regardé the Dark Knight. Les films de la franchise Avengers. Arrow. Les autres, j'y suis tombée toute seule, au bout d'un moment, la contamination marche : agents of shield, agent Carter, the Flash... J'ai même regardé les 10 saisons de Smallville il y a un an, alors que je cherchais du boulot.
Autant dire que je suis foutue. Je n'en suis pas à lire les comics (et je pense que ça restera mes limites), mais je commence à avoir une connaissance décente du genre, et en tout cas d'un certain nombre de tropes. Ce que je ne sais pas, généralement, Ahe me l'explique.

Bref !!! Après cette longue introduction...
L'été dernier, Ahe, XY (son copain) et moi, on a passé une semaine de vacances à New York. L'avant-dernier soir, on a décidé de ne pas faire nos loques, pour une fois, et d'aller boir un verre au bar d'un restau surplombant Times Square. Ahe, moi, et de l'alcool, ça ne fait jamais bon ménage. On se retrouve toujours avec des conversations délirantes. En l'occurence, si je me souviens bien, on parlait d'écriture, et de la distinction architecte/jardinier dont George RR Martin a parlé à plusieurs reprises (ici, par exemple (c'est en anglais)).
Ahe disait qu'elle était plutôt jardinière, je suis plutôt architecte. Ce qui me pose des problèmes : j'aime créer des personnages, un monde, mais j'ai d'énormes problèmes à trouver des intrigues, des choses à raconter. Pour preuves, les Chroniques, qui sont un exemple d'histoire où il ne se passe rien - ce qui est annoncé dès le résumé, d'ailleurs, et complètement assumé. Et comme en plus je suis paresseuse au possible... Nan, en fait, ce qu'il faudrait, c'est une combinaison de deux personnes. Ahe, si tu veux, on écrit ensemble.
Comment, de là, on est arrivées aux superhéros, je ne sais plus. Je crois, il me semble, qu'on avait visité une boutique de comics un peu plus tôt, ce jour-là ou la veille, et que donc le sujet était plus ou moins dans l'air, on l'avait évoqué plusieurs fois. Ahe m'avait expliqué qu'il y avait eu une tentative d'écrire un simili-Batman des banlieues françaises, à une époque, mais qui n'avait pas marché, parce que ça ne correspondait pas à la réalité française. Et du coup, si SHF (superhéros français) il y avait, il fallait qu'il soit créé par des Français, on ne pouvait pas se contenter de copier le modèle du genre et des tropes américains.
Et voilà. En quelques mots, si tu es partante, Ahe, on le fait. Toutes les deux. Le projet était lancé.


[Premières décisions]Premières décisions
Le soir même, on a pris quelques décisions et posé quelques trucs, qui n'ont pas tellement changé depuis. On a décidé très vite que ce serait une femme. Il me semble qu'on a aussi décidé assez vite qu'on voulait commencer jeune, pour traiter également de ces années compliquées, entre 18 et 30, qu'Ahe et moi sommes toujours plus ou moins en train de vivre.
Il me semble qu'on a décidé aussi assez vite, au bar, qu'elle aurait des pouvoirs. Je sais qu'on a discuté de comment elle pouvait les avoir (accident, génétique), et on a exploré rapidement le folklore français. On a écarté l'idée d'un contact avec le petit peuple (fées, nains, etc), en se disant que là on est plus dans le fantastique à la française (ou à l'anglaise) que dans le superhéros. Pour tout ce qui est mythologique, on a quand même un peu galéré, avant d'arriver à Mélusine.
Mon goût pour l'histoire fait que je sais que la famille Lusignan, qui furent rois de Jérusalem puis de Malte, disait descendre de Mélusine. De là, notre SHF est devenue une métisse. La famille de sa mère, arabes chrétiens ayant émigré en France, descendent des Lusignan, tout comme la famille de son père, originaire de Poitou-Charentes et du siège historique et français des Lusignan.
Après, on est rentrés en parlant de ça, on a ouvert un google doc, et on a commencé à noter des idées et à faire des recherches - sur Mélusine et sur les Lusignan. On était à fond.

J'avais plein d'idées pour la branche familiale de la famille, ceux qui venaient d'Antioche. Je crois qu'ils ont tous eu un nom dès ce soir là. Sauf la SHF, évidemment. On a décidé que la famille avait émigré après la première guerre mondiale, puisqu'à cette époque, l'empire ottoman ayant à l'époque massacré un certain nombre de minorités : les Arméniens, bien sûr, mais d'autres aussi. La famille émigre alors en France, et l'arrière-grand-père de SHF, qui était médecin, devient couturier en France. De là, fille unique d'un fils unique, la mère de SHF est destinée à être médecin. Affublée d'un prénom français par son père pour qu'elle s'intègre plus facilement, elle est au début de ses études quand éclatent les événements de mai 68. Oui oui oui, on a décidé, très rapidement, d'en faire une de cette époque. C'est d'ailleurs pendant toute cette période qu'elle va rencontrer son futur mari (comment ? à l'époque, on ne sait pas encore) et qu'elle va demander à se faire appeler par son nom arabe, Atiya. Tout ça va créer quelques tensions avec son père.
On a décidé aussi dès le début... Dès le bar, je crois, que SHF serait un bébé éprouvette, une des premières FIV effectuées. Les recherches nous ont indiqué que la première FIV en France date de 82, et que donc, en poussant un peu, SHF est pour ainsi dire de notre âge. Ce qui simplifie considérablement une partie de notre boulot, il faut l'admettre. Je crois qu'on a décidé aussi à NY qu'elle aurait des frères et soeurs plus vieux, adoptés. Je ne sais pas quand on a décidé du nombre. Il me semble qu'on a évoqué, à cette époque, un vieux professeur/médecin, ami d'Atiya, a priori, qui pourrait faire des recherches et lui trouver un truc génétique, qu'on expliquerait ensuite via Mélusine et le croisement improbable des gènes de ses parents.

Les recherches sur Mélusine, toujours effectuées ce même soir à NY, nous montrent qu'on est pas prêtes de choisir quels pouvoirs aura notre SHF. Les légendes sur Mélusine sont foison. Elle est la fée bâtisseuse, mais aussi une vouivre. Elle se transforme en serpent le samedi dans son bain, et le jour où son mari, désobéissant à ses ordres, la voit sous cette forme, elle reste bloquée et doit s'en aller. Les choix qui s'ouvrent sont multiples, pouvoirs liés à l'eau, à la matière, à la transformation, voire un pouvoir sur les animaux... On note tout ça, sans prendre de décision.

Après ça, ben... Il a fallu retourner à nos activités normales, moi en Haïti, Ahe en Allemagne. On a noté quelques autres trucs dans les jours et semaines qui ont suivi, ils me semblent. Des informations sur l'adoption en France, sur les Lusignan, sur Mélusine, sur les tropes des superhéros. Et c'est à peu près tout.


[On s'organise]On s'organise
Pour noël, je suis rentrée en France, et j'ai passé le nouvel an avec les Fofiens. L'occasion de reparler de la SHF, de la présenter aussi un peu aux autres, de se donner mutuellement des idées et des conseils. Ceux de Ruth, sur le fonctionnement des ministères et de la fonction publique en France. Les avis de Myu et Blacky sur leurs fratries. Les questions, toujours pertinentes, d'Eugé et Silva et Geth et Al sur ses pouvoirs : lesquels, comment ils fonctionnent, y a-t-il d'autres superhéros, etc ?
Ahe et moi, pendant ce temps-là, on a surtout décidé de se caler des rendez-vous hebdomadaires, réguliers, pour avancer sur ce projet. Parce que sinon on y arrivera jamais.

Du coup, voilà. Chaque samedi, sauf exception, on se retrouve sur google doc. Chez moi, il est 15h, 21h pour elle. Je cois qu'on a fait aucune séance qui a duré moins de 3 heures. Mais on avance. Petit à petit.
On a d'abord fixé sa fratrie : elle a un grand frère et une grande soeur. On les a nommés, on a nommé ses parents. Puis elle, mais ça n'a pas été sans mal ! Elle s'appelle donc Mariam Chancelles. Parisienne des banlieues, on a choisi Vincennes - un peu pour Myu, un pour Charlie Hebdo (mais si, vous savez : les no-go zones...)
En partant de son père, on a déroulé sa famille paternelle, qui restait très floue. Bourgeois du Poitou, de la ville de Lusignan - tant qu'à faire ! Le père, Alain, est le troisième. Prof, gauchiste, gryffondor et idéaliste. Sa jeune soeur, Eliane, est médecin, de l'année d'Atiya, et c'est par elle qu'ils se rencontrent. On a également déroulé l'historique de l'adoption, puis de la décision de la FIV (proposée par Eliane, gynéco). On décide ensuite de la date de naissance de Mariam, le 12 mars 1986. Un an de plus qu'Ahe, deux de plus que moi, elle est poisson comme nous deux. Ca tombe plutôt bien.
En parallèle, on prend une décision sur ses pouvoirs, une forme de télékinésie. Elle a, en fait, ses pouvoirs depuis toujours, mais pas (ou très peu) exprimés. Ils se déclencheront autour de ses 18 ans, après un épisode stressant. Elle va ensuite apprendre à les maîtriser et les contrôler - et devenir une superhéroïne parce qu'elle a grandi aux dessins animés, entraînée par son frère.

On définit aussi sa cellule familiale, accordant beaucoup d'importance finalement à son frère et à sa soeur. Natalia, la soeur, travaille pour Matignon ou l'Intérieur, ou peut-être un autre ministère, tentera de la protéger de l'intérieur quand elle découvrira son secret (après une dispute mémorable). Elle est en couple avec un journaliste, le premier qui aura une interview de la SHF et prendra son parti contre les accusations diverses. Son frère, au courant plus tard, est l'un des artisans de ce qu'elle est : motarde, gryffondor, aimant les superhéros. C'est aussi son premier soutien moral pour les années étudiantes qui ne s'annoncent pas très faciles pour Mariam.
On abandonne, sans tellement en reparler, le vieux médecin/mentor/généticien. Il a été remplacé en partie par Eliane (soeur d'Alain et marraine de Mariam), en partie par un background un peu différent des familles, qui fera que Mariam comprendra toute seule, pour Mélusine. Tout ça reste encore un peu flou.

Le monde s'étoffe, il lui faut aussi des potes. Un groupe de 5, assez varié. Ca y est, ils ont tous des noms, des parents, des frères et soeurs, des failles - et, depuis hier, une date de naissance. Certains ont encore besoin de quelques précisions sur leur caractère, leur répartition.
De la moto, on tire que Mariam travaille (ou traficote) dans un garage. Elle est douée, après tout, elle semble toujours mettre les éléments exactement où il faut. Donc on a créé le garage. Etoffé le cabinet de médecin dans lequel travaille sa mère. On enrichit aussi la famille paternelle de cousins et de neveux. On prévoit une grosse réunion de famille à l'été 2004.
Les pouvoirs s'affinent aussi, leurs limites, leur évolution, leur fonctionnement. Comment les décrire et les raconter.

On ébauche aussi une galerie d'ennemis et d'alliés de la persona SHF, non liés à Mariam en tant que telle. Un flic des RG (ou assimilé, ça a changé de nom, il parait), qu'on commence à bien cerner. Un ou des flics du quartier. Le copain de Natalia, évidemment.


On a encore beaucoup de boulot, bien sûr. Hier, par exemple, on s'est données comme sujets pour la prochaine fois d'affiner le nom de superhéros de Mariam (j'ai proposé une idée, qu'il faut préciser). Il faut aussi penser à son costume (comment cacher son visage, éviter de laisser de l'adn ou des empreintes), continuer à préciser les copains, commencer à mettre au point les intrigues. On fait des recherches, chacune de notre côté : Ahe s'est lancé dans plusieurs bouquins sur l'historique des superhéros en France (beaucoup plus riche que ce qu'on croit), moi, j'ai entamé une chronologie de l'année 2004. On a déjà quatre ou cinq histoires potentielles, mais on est encore au tout début du processus à ce niveau. Mais on s'éclate.

(pour ceux qui seraient inquiets : non, je n'oublie pas les Chroniques, promisjuré)
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J'ai pas les mots

Je ne suis pas une lectrice de Charlie Hebdo. Leur humour crasse, provocateur, facilement vulgaire, ne m'a jamais tellement attirée. Des noms des dessinateurs lus ce matin, seul celui de Wolinsky m'évoquait quelque chose.

Et pourtant.

Et pourtant, le choc est là, violent. Parce que quoi qu'on pense des individus, du journal, de ses positions... C'est une idée qui a été attaquée, ciblée, visée, exécutée. Parce que la violence de l'attaque, son systématisme, son organisation, ne peuvent que choquer. Parce que, quitte à sortir les grands mots, c'est la liberté qu'on attaque, liberté d'expression, de pensée. Liberté de faire grincer. Liberté de se moquer. L'humour noir à la française, si particulier.

Alors on se battra pour que vous ayez le droit de dire ce que vous pensez, même si je ne suis pas d'accord avec vous.
Alors on mourra debout plutôt que de vivre à genoux.

Ils sont immortels, désormais. Effet inverse de celui recherché, probablement, mais ils auraient dû s'en douter. Les armes, finalement, n'ont jamais pu tuer les idées. Ils sont immortels, leurs noms sont partout, leurs dessins aussi. L'effet Streisand, appliqué à l'horreur, à la boucherie - à la liberté. Qui sait ? Ca les aurait peut-être fait marrer.
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Ayiti

Je ne sais pas combien de personnes lisent encore ce blog mis à jour si peu souvent, et combien savent exactement que je suis partie bosser dans les Caraïbes, pour un grand pétrolier français que je ne nommerai pas. Mais bref, sur la suggestion de Tallia, je vais mettre mes mails fleuves, quelques nouvelles, et potentiellement mes réflexions pas si profondes ici aussi.
Ce premier post sur le sujet sera donc un peu fouilli, j'en ai peur. Je vais reprendre les premiers mails et les recombiner. Par la suite, j'essaierai de faire mieux et plus organisé.
[les récits]
Je suis partie de Nice, France, le 8 mai au matin. Réveil 5h30, café, couper l'eau et l'électricité, dans le bus pour l'aéroport à 6h15. Avion à 8h pour Paris, puis à midi pour Pointe-à-Pitre. Arrivée à 14h heure locale, après 8h de vol. Encore deux heures de vol pour Port-au-Prince, où j'arrive enfin autour de 18h. Le voyage a été long mais sans problème. Ma valise pesait 22 kg tout juste, personne n'a vérifié mon bagage à main, et on m'attendait comme prévu à l'arrivée à Port-au-Prince. Je suis lessivée, mais encore capable d'apprécier la chaleur qui m'accueille, les odeurs lourdes qui peuplent l'atmosphère, les sourires de bienvenue.
Je suis installée dans un appartement en rez-de-chaussée d'une petite maison. Ce n'est pas climatisé mais bien ventilé, avec de l'eau chaude et un frigo opérationnel. C'est grand ! Je peux même loger des gens si besoin.
Découverte de l'entreprise dès le lendemain de mon arrivée, avec Elsa, la nana que je remplace, très sympa et très efficace. J'ai fait le tour des différents services et ait été très bien accueillie par tout le monde. J'ai discuté longuement (enfin, écouté) le DG l'après-midi, ce qui m'a permis d'entendre les consignes de sécurité, une présentation générale et pas inutile du pays, et une définition un peu plus précise de mon poste. Tout devrait se mettre en place tranquillement puisqu'on a deux mois pour faire la passation. J'ai un emploi du temps chargé la semaine prochaine, avec des visites de stations services et des rencontres avec les partenaires. L'accent est mis sur les lampes solaires, qui représentent l'essentiel de mon activité.

*****

Je suis à Haiti depuis un peu plus d'une semaine maintenant, et ma foi, ça va. J'ai passé la semaine à travailler avec Elsa, qui m'a formée sur les différents aspects de mon travail et m'a fait rencontré un certain nombre de partenaires. Ce n'est pas fini, et je pense qu'il va y avoir un sacré paquet de choses à faire ! Mais c'est bien ça qui rend les choses intéressantes.
100_4349J'ai aussi passé une matinée avec l'un des inspecteurs commerciaux, à faire le tour de certaines stations services de la zone de Port au Prince, histoire de voir comment elles sont, rencontrer les gens, savoir s'ils vendent ou non les lampes solaires. La semaine prochaine, je pars avec Elsa dans l'Artibonite, une région au nord de la capitale, pour essayer de nouer de nouveaux contacts pour vendre les lampes. Au cours du mois qui vient, je dois également me rendre dans le nord et dans le sud du pays, toujours pour visiter les stations et rencontrer les partenaires et distributeurs. Ca promet d'être intéressant.
La vie ici commence à s'organiser. Je suis allée voir un centre équestre le week-end dernier, qui donne des cours en semaine, ou des cours particulier le week-end. J'espère m'inscrire dès que j'aurai reçu mon déménagement... Et prendre des cours de créole ! Se débrouiller sans est assez compliqué ici, en fait. Un certain nombre de gens ne comprennent et ne parle que ça .
Un œil non averti peut confondre Haïti avec l'Afrique, les points communs sautent aux yeux. Le climat, déjà, aide (c'est la saison des pluies : il fait un temps magnifique, et la pluie tombe un jour sur deux ou trois, pendant 2h à la tombée de la nuit). Il y a des moustiques partout, et même l'architecture de la ville, succession anarchique de belles maisons et de cases entre les déchets et les routes défoncées, peut rappeler le Burkina ou le Niger. Mais on se rend assez vite compte que non, on est dans les Caraïbes. Je l'ai dit, le créole est partout, bien plus que ne peuvent l'être le Djerma ou le Haoussa ou même le Swahili. Il y a des produits américains partout dans les supermarchés, parfois aussi sur les grands panneaux publicitaires. La culture n'est pas la même, le rapport à la France ou à l'Amérique non plus. Et ici, "africain" est une insulte grave ! Je m'emploie à trouver des livres pour essayer de mieux comprendre et m'imprégner de cette réalité.
Les rues sont pleines de petits 4x4 Toyota, plus ou miens vieux. Quelques motos et mobylettes, mais rien à voir avec Ouaga. Des tap-tap, aussi, sortes de pick-up couverts où les gens s'entassent à l'arrière, et qui servent de taxi commun, un peu comme les matatu kenyans. Ils sont d'ailleurs tout aussi décorés, avec des couleurs vives et des messages forts, généralement religieux. J'ai, bien sûr, interdiction formelle de monter dedans. De toute façon, ils conduisent absolument n'importe comment, et je ne suis pas complètement fâchée d'être coincée avec un chauffeur, même si j'ai parfois envie de fermer les yeux quand elle conduit. Je n'en suis pas encore à regretter la circulation parisienne, mais... ^^
*****

Un mois déjà ! Avant de reprendre le récit de mes dernières aventures, je vais expliquer un peu ce que je fais en Haïti, pour ceux qui ne savent pas encore bien. J'ai plusieurs missions, mais la principale consiste à développer les ventes de lampes solaires. Pour expliquer en deux mots le projet, il existe depuis plusieurs années maintenant : T**** sélectionne des fabriquants de lampes solaires (souvent Chinois ou Indonésiens), fait un suivi assez stricte de la qualité des produits, et les vend dans différents pays en voie de développement, assurant un prix fixe dans le pays, une garantie de deux ans, et un service après-vente. Ca rentre dans une volonté d'apporter de l'énergie à tous, y compris aux plus pauvres.
Les lampes sont donc vendues dans les stations service, mais pas seulement : en effet, une partie de la population ne se fournit pas dans les stations Total et peut quand même être intéressée par les lampes. Tout l'enjeu, donc, consiste à développer des partenariats et à trouver des distributeurs dans les coins où il n'y a pas de station service. C'est, en bonne partie, ce sur quoi je travaille.
Depuis mon arrivée, j'ai donc rencontré nos principaux partenaires afin de comprendre les différents enjeux et les différentes régions du pays. Chacun a sa stratégie, en fonction du type de clientèle auquel il s'adresse. C'est très intéressant pour moi, mais pas forcément évident de ne pas confondre les noms et les types de partenariat : on ne vend pas à une ONG comme à un supermarché...
10178095_10152463723492264_1119172449733373740_nJ'ai également fait un tour dans deux régions, pour rencontrer les partenaires de province et aussi faire un tour dans les stations-service : même si les inspecteurs commerciaux sont techniquement chargés de ces ventes-là, je suis censée "superviser". Grand tour, donc, dans l'Artibonite, au nord de Port au Prince, sur une journée, puis trois jours, la semaine dernière, dans le Sud du pays. Cette région est absolument magnifique, c'est celle qui reste la plus boisée du pays aujourd'hui, et qui a les plages les plus "typiques" des Caraïbes (photo ci-contre, Pointe Sable, la plage de Port Salut), avec du sable fin et de l'eau transparente. Un vrai plaisir. La ville de Port-Salut a été un véritable coup de foudre, c'est une très jolie petite ville, avec des maisons peintes de toutes les couleurs... Et, à intervalles réguliers, les petits panneaux solaires de nos lampes qui chargent devant les maisons, ce qui n'est pas pour déplaire !
Notre partenaire dans le Sud fait un très bon boulot et est très bien implanté, le rendez-vous s'est donc passé dans la joie et la bonne humeur. ^^ Ils essuient, comme nous à Port au Prince, la concurrence d'un nouvel arrivant sur le marché, qui a des produits de moins bonne qualité mais moins chers et qui, surtout, ont une radio intégrée. Depuis l'arrivée de ce produit il y a 6 mois, nos ventes vont mal... Surtout dans les stations service. Un gros boulot pour moi en perspective, mais le challenge est d'autant plus intéressant !
La semaine prochaine, je partirai en mission (seule, cette fois - sans Elsa) dans le Nord, vers le Cap Haïtien, une région traditionnellement plus touristique que le Sud mais où nous n'avons pas de partenariat aussi solide et efficace qu'à Port Salut. On verra bien.
Voilà côté boulot !
10301514_10152563371142264_5009033259363866635_nCôté vie privée, mon déménagement est enfin arrivé et ça fait bien plaisir d'être dans mes affaires - même si je n'ai pas encore accroché tous les tableaux, j'envisage de déménager à la fin du mois.
J'en ai profité pour aller monter à cheval le week-end dernier. Il y a un très joli petit club pas très loin du bureau, avec une vingtaine de chevaux très bien soignés et une grande carrière. Le club a été monté par un franco-haitien que je n'ai pas encore rencontré, mais le moniteur est très sympa, m'a posé plein de questions pour évaluer mon niveau, et m'a trouvé un cheval vif et réactif tout comme j'aime. Les chevaux sont grands - enfin, pour moi en tout cas ! Plus grands qu'à Niamey, mais plus petits qu'en France, je suppose. La reprise a été un peu dure pour mes muscles et j'ai la démarche un peu raide aujourd'hui, mais ça m'a fait très plaisir - et beaucoup de bien.
J'ai également profité de la venue de Vina, une amie du Kenya qui vit à Miami, pour découvrir un peu les bons restaux de Port au Prince - ou plutôt, de Pétion Ville, la "banlieue chic" de la capitale, dans les hauteurs, où vivent les plus fortunés des Haitiens. Elle m'a également présenté quelques personnes et, petit à petit, je me constitue un réseau.
Je suis aussi allée danser ! Dans un bar très chouette pas très loin de chez moi, qui fait des concerts presque tous les soirs. Musique entre le zouk et le reggae, avec des influences de salsa et de rumba... On est bien dans les Caraïbes, au carefour de plusieurs civilisations et plusieurs cultures. Bref, un endroit sympa, de la  bonne musique, et de bons danseurs, sympas et pas collants. J'y retournerai !

*****

On est donc déjà en juillet, et Elsa, que je remplace, est partie. Je suis désormais seule à la barre au boulot, où les journées se suivent sans se ressembler. J'ai rarement le temps de m'ennuyer, ce qui est parfait.

10415569_10152514658237264_84500895448802121_nLa mission dans le Nord a été repoussée mais a fini par avoir lieu. Je suis partie avec l'inspecteur commercial en charge de cette région, 5 ou 6 heures de voiture pour rejoindre le Cap sur une bonne route de goudron. La route longe la mer pratiquement jusqu'au bout, et ensuite, on monte dans les montagnes, sur des routes étroites où les locaux filent à toute blinde, et qu'importe si le tap tap ou le camion secoue trop ses passagers.
Le Cap est très différent de Port au Prince. Déjà, c'est construit à l'américaine, avec des rues tracées au cordeau, selon des axes perpendiculaires, et les rues ont des chiffres qui vont croissant. Pratique, pour se repérer, bien plus que les rues tortueuses et non marquées de Port au Prince. Personnellement, j'ai toujours préféré les centre-villes tortueux, mais je suis probablement trop française pour apprécier une ville bien dessinée. ^^ L'entrée de la ville, cependant, plus récent, est bien plus anarchique. La nature humaine et l'exode rural rapide y ont repris leurs droits sur l'urbanisme.
J'étais logée à l'hôtel du Roi Christophe, probablement le plus bel hôtel de la ville. Il est très bien aménagé et très confortable, et le bâtiment en lui-même est assez ancien, historique, ce qui ajoute un charme infini au lieu. Là, en oubliant un peu mon ordinateur et la télé diffusant les matchs de la Coupe du Monde, j'aurais pu me croire il y a cent ou deux cents ans.
Outre le plaisir de l'hôtel et du restaurant voisin, qui sert les meilleurs salades de fruits de mer que j'ai jamais mangé, la mission a été un succès. J'ai pu faire le tour des stations que je devais voir, rencontrer la plupart des gérants, et leur présenter notre nouvelle lampe. Deux m'ont promis des commandes, d'ailleurs. J'ai également pu rencontrer un organisation qui soutient les micro-entrepreneurs de la région nord en leur proposant des formations et des micro-crédits. Ils vendent aussi à ces micro-entrepreneurs différents produits que ceux-ci peuvent revendre avec un bénéfice, des lunettes de vue, des réchauds (améliorés ou à gaz) et... des lampes solaires. Jusqu'à présent, ils prenaient des lampes de nos concurrents... J'espère les avoir convaincu de préférer les nôtres !
Et, oui, je vous rassure, je faisais vraiment VRP avec mes trois cartons de lampes et mon beau discours commercial bien rôdé.
Je n'ai pas eu l'occasion ou le temps de profiter des belles plages à la sortie du Cap, ni de visiter la Citadelle bâtie par le Roi Christophe peu après l'indépendance de l'île, vers 1820, qui surplombe la ville et devait la protéger d'un retour en force des armées napoléonienne. Je l'ai aperçue de loin, cependant. Ce sera l'occasion d'un prochain voyage.
Au retour, nous avons pris une route différente, à travers le plateau central du pays, parce que l'inspecteur commercial devait passer chez un type qui fait construire une station service qu'il voudrait voir approvisionner par T****. Sur le plan, la route est plus courte, plus directe. Dans la réalité, elle est en piteux état, et nous avons mis bien plus longtemps qu'à l'aller. La route est censée être en travaux, financée par l'Union Européenne... Mais je n'ai vu aucun camion ou quoi que ce soit, et d'après le commercial, les travaux n'ont pas avancé et la route est dans un état pire qu'il y a trois mois.

Quoi d'autre ? Ah, oui, les nouvelles lampes ! Je suis arrivée quasi en même temps que le container, mais le temps qu'il soit dédouané, apporté au dépôt, rentré dans le système... Bref, il s'agit là d'un système plus gros et plus complet que les petites lampes qu'on vend normalement. Il y a plusieurs lampes intégrées, la recharge du téléphone, un panneau plus grand... C'est donc un système plus fixe et plus durable que les autres. Mais donc plus cher. Carrément plus cher, même, pour les budgets d'ici. Je ne suis pas complètement convaincue qu'il y a un marché pour ce type de lampes, d'ailleurs, mais on va essayer. La vente à travers nos partenaires qui font du micro-crédit est une évidence, puisqu'alors les clients pourront payer en plusieurs fois... Mais je ne suis pas sûre que ça suffise et tente de trouver d'autres canaux de distribution.
En tout cas, elles plaisent beaucoup, et font un certain effet quand je les sors des boites. J'en ai même déjà vendues quelques-unes, à des employés de T**** qui bénéficient d'un tarif préférentiel.
Puisque je parle des lampes, j'ai fait l'article à plusieurs clients potentiels maintenant, et maîtrise bien mes arguments. Ce qui continue de m'éclater, c'est l'efficacité de la démonstration. L'un de nos arguments est que nos lampes sont solides, ce qui est sous-entendu avec la garantie de deux ans... mais rien ne vaut l'exemple : et pof, je laisse tomber la lampe par terre, où elle rebondit à grands bruits. Et quand elle marche après que je l'aie ramassée, c'est la joie. J'adore.
J'ai fini le mois avec la bonne surprise d'avoir vendu plus de lampes qu'au mois précédent. Sans que ce soit suffisant, encore, si on veut remplir nos objectifs de l'année, cependant.

Côté perso, je continue mes découvertes. A l'occasion de la visite de fournisseurs, j'ai testé un autre restaurant de Pétionville. Et j'ai eu une grosse pensée pour Papa  : le patron du restaurant, très amateur, a fait bâtir une véritable cave à vin dans son restaurant, avec éclairage et température contrôlés. Et il a de sacrées bouteilles, aussi ! Je ne sais évidemment plus laquelle nous avions choisi, mais je m'étais régalée !
Je me suis aussi inscrite sur les listes de diffusion pour les spectacles, films et autres expo de l'Institut Français et de la Fokal, un centre culturel haïtien. C'est comme ça que je suis allée voir un documentaire sur la dictature brésilienne, suivi d'un débat. Assez rapidement, le débat a tourné sur les liens à faire avec la dictature haïtienne des Duvalier (père et fils), à peu près à la même époque, et à l'influence américaine prégnante. Je savais tout ça, bien sûr. Mais même une passion pour l'histoire et une bonne connaissance de la guerre froide ne suffisent pas à comprendre, vraiment comprendre, les conséquences réelles et pragmatiques de ce conflit qui n'a pas du tout été froid partout. J'ai pris une sacrée claque, je dois dire. Ca m'a laissée avec beaucoup de choses sur lesquelles réfléchir.
Puisque je suis sur le sujet... les Etats-Unis sont partout, ici. Je ne m'y attendais pas. Pas de marmïte, non, ça c'est trop anglais : en revanche, il y a des pancakes au sirop d'érable, les gens parlent en dollars et en gallons, et quand je me balade dans la rue, les gens s'adressent à moi en anglais avant de tenter le français.
J'ai aussi fait un tour dans une librairie, histoire de lire les auteurs du coin. J'ai commencé par Pays sans chapeau, de Dany Laferrière, le roman quasi-autobiographique d'un Haïtien qui a fui la dictature et revient au pays vingt ans plus tard. Tout a changé et rien n'a changé, il parle de la vie quotidienne et du vaudou et des dieux et des autres, des Américains qui ne comprennent rien, de la cuisine de sa mère, de la poussière et de la chaleur. J'aime bien, c'est bien écrit, le style est facile, et ça éclaire assez la mentalité du pays.
Je rencontre des gens, doucement. Cette semaine, j'ai été invitée à la soirée belote du mercredi soir qui rassemble quelques Français du coin. J'ai passé une bonne soirée et profité de la chance des débutants, visiblement !

Je pense aussi à mes premières vacances. En août, je pars une dizaine de jours pour New York, retrouver des copains de Paris. On a loué un appartement et on commence à planifier tout ce que nous allons voir, visiter, acheter et manger ! J'ai hâte d'y être et de découvrir enfin l'écrasant voisin. Parce que oui, pour l'instant, tout ce que je connais de ce pays, outre certains de ses habitants et ses séries télé, c'est l'aéroport de Miami. Et on ne peut pas dire que ce soit très parlant... Je prépare donc mon meilleur anglais et ma panoplie de touriste ! Si vous avez des adresses précises à me donner, c'est le moment !
Serp - warmth

Ce qu'il reste

Ce qu'il reste, c'est la certitude que ma vie ne serait pas différente. L'Espagne se serait peut-être un peu mieux passée, mais mes choix auraient été les mêmes, je serais quand même en Haïti à cet instant précis.

C'est le fait que le monde n'est plus le même, et comment je vis, six ans après, dans un monde qui ne sera plus jamais le même ? Même si j'aurais été en Haïti quand même.

C'est la certitude qu'il n'y a personne à blâmer, qu'elle s'est battue au point de gagner un an sur les prédictions des médecins. C'est savoir qu'elle nous aimait par-dessus tout.

C'est les questions sans fin sur les conversations qu'on aurait pu avoir, malgré toutes celles qu'on a eu. Malgré tous les aveux et toutes les discussions des derniers mois. C'est celles qu'on n'a pas eu, parce qu'on ne pouvait pas les avoir, et que je ne peux que faire dans ma tête. Et c'est pas pareil, même si je la connais bien.

C'est me dire qu'elle me voit, mais que je préférerais lui raconter.

C'est les disputes qu'on aurait eu et ses conseils que je n'aurais pas écouté.

C'est imaginer que si je me marie un jour, elle ne sera pas là. Pas réellement, pas comme je voudrais. C'est tout ces instants-là, vécus depuis ou à venir, sans elle.

C'est me dire avec une grimace que je préfère ne pas savoir ce qu'elle aurait pensé du mariage pour tous.

C'est me repaître, avec une bonne dose de cynisme, parce qu'il ne reste que ça, du visage embarrassé des potes qui s'arrêtent juste avant de dire "c'est ta mère..."

C'est m'appliquer à ne pas penser, pendant que je fête mes 26 ans à Nice avec ma grand-mère et ma tante, que la fois précédente où j'ai fêté mon anniversaire dans cette ville est la dernière fois où on a été tous ensemble avec elle. Pour mes 20 ans, et les 18 ans de ma soeur.

C'est parler trop souvent de mon père, et me demander combien de temps ils vont attendre avant d'oser me demander, à propos de Maman.

C'est rentrer dans une église et mettre un cierge devant la statue de la Vierge.

C'est cette montée d'angoisse quand le téléphone sonne, le dimanche, et que c'est la sonnerie de Papa - alors qu'il m'appelle tous les dimanches.

C'est entendre sa voix, par ma bouche, alors que je sanglotte avec ardeur chez le psy, six mois après sa mort, me dire qu'enfin, ma chérie, ça va pas de se mettre dans des états pareils, enfin.

C'est éviter à tout prix d'être chez mes grands-parents au début du mois de mai.

C'est cette terreur absolue à l'idée de perdre Papa. Ou ma soeur. Ou un de mes frères. Au point d'en faire des cauchemars qui me réveillent et me font passer des journées infernales, jusqu'à craquer et appeler, juste pour vérifier, juste pour être sûre, juste pour entendre leurs voix.

C'est entendre Max pleurer un soir et savoir que je ne peux rien dire pour le consoler.

C'est cette envie qui me prend, au coeur de la nuit ou à la fin d'une belle journée, de l'appeler.
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Mème des persos féminins - semaines 3 et 4

Je reprends donc la suite du mème, à nouveua tout en une fois... Parce que non, mon écriture jour par jour ne s'améliore pas... Même avec des trucs aussi faciles que des prompts sur tumblr. Je suis vraiment invraisemblable, ça en devient pénible.

Anyway !

[semaine 3]
Day Sixteen: Favorite mother character
Dans des genres assez différents et pourtant pas tellement, je vais cette fois-ci craquer et mettre deux personnages, Lorelai Gilmore (Gilmore Girls) et Melissa Mccall (teen wolf). Parce que l'une comme l'autre sont des femmes à part entière avec une vie professionnelle et une vie amoureuse et tout ne tourne pas autour de leurs rejetons. Elles ont une personalité et des goûts à elles et existent quoi - même si le statut de personnage principal permet à Lorelai d'être plus développée.
Et elles aiment leurs enfants, savent leur donner les conseils dont ils ont besoin pour grandir et mûrir, les laissent faire leurs propres choix aussi, les punissent quand c'est nécessaire - et surtout, les aiment et leur disent et leur montrent. Elles sont formidables et font à elles seules une grosse, non, une énorme part de mon appréciation pour ces séries respectives.

Il y a deux ans, c'était... Erin Reagan-Boyle, de Blue Bloods. Qui partage beaucoup des caractéristiques des deux femmes citées ci-dessus, comme par hasard...

Day Seventeen: Favorite warrior female character
Hum, je crois que je dois répondre Brienne de Torth, dans game of thrones/le trône de fer. Parce qu'en plus d'être une incroyable guerrière, une des toutes meilleures de Westeros, elle l'est dans un monde qui ne le lui autorise pas franchement. Il y a d'autres personnages de guerrières que j'aime énormément et qui sont très badass et balancent des coups de pied extrêmement efficaces dans tout plein de shows, mais Brienne, quoi. Elle déjoue les stéréotypes, se bat avec une épée - une vraie, hein, lourde et tout, pas un fleuret, et le fait super bien. Et c'est pas pour ça qu'on la considère mieux, non, elle subit les moqueries et en souffre. Mais elle continue quand même, et elle est juste formidable.

J'avais choisi Fiona !! Ahah je l'adore toujours. Mais ça fait un moment que j'ai pas regardé Burn notice, en fait.

Day Eighteen: Favorite non-warrior female character
Ca se discute forcément, surtout si je vais chercher du côté des personnages secondaires (hello, tech girl dans un cop show, tu es un stéréotype que j'aime), mais je vais choisir Alicia Florrick, l'héroïne de the good wife. Parce que justement elle est le point central du show et qu'il fait partie des tous meilleurs qu'il soit. Alicia jongle entre carrière d'avocate compliquée (d'autant plus compliquée qu'elle y revient avec après 13 ans d'absence), la carrière politique de son mari, ses gamins, et sa vie privée, les liens avec son mari n'étant pas toujours au beau fixe au cours de la série. Elle a des choix difficiles à faire, elle a des défauts, des failles, elle lutte avec les moyens qui sont à sa portée et manipule parfois, y compris ceux qu'elle aime. Alicia est cool, et brillante, et une garce parfois, et je l'aime, là !

Elle succède à l'un des rares choix non-séries de la dernière fois, Nadia de Michel Strogoff.

Day Nineteen: Favorite non-human female character
Celui-ci est finalement assez facile... Malgré mes nouvelles découvertes en SFF, je reste assez classique dans mes goûts, il faut croire... Et puis, ce n'est pas comme s'il y avait un choix particulièrement ouvert non plus. Et donc, malgré un coup d'oeil du côté de Farscape, je choisis Madame Vastra, la silurienne de Doctor Who qui vit dans le Londres victorien et résoud des mystères avec autant de talent qu'un certain Sherlock Holmes. Parce que, soyons sérieux, rien que cette dernière phrase doit vous suffire pour comprendre.

J'avais choisi Clochette, la dernière fois. Contente d'avoir autre chose à proposer, quand même.

Day Twenty: Favorite female antagonist
Irène Adler, celle de Sherlock (à gauche) comme celle d'Elementary (à droite).Et si vous ne voulez aucun spoiler sur cette dernière série, je vous conseille d'arrêter immédiatement de me lire et de passer à la question suivante.
Les deux se ressemblent, ce qui tombe bien. Et sont assez le genre de personnage que j'aime. Indépendantes, intelligentes, perverses... De vraies Serpentardes que j'ai récupéré dans ma maison avec joie. La sensualité et le goût pour le sado-maso de celle de Sherlock m'ont énormément amusée, de même que tout le jeu de manipulation qu'elle mène avec le héros. Quant à celle d'Elementary, la découverte qu'elle est en fait Moriarty et cette superbe phrase "comme si les hommes avaient le monopole du meurtre" ont fini de me convaincre. Fini, parce que je la trouvais déjà extrêmement intéressante et bien construite quand elle n'était "que" Irène Adler.

Je sais que c'était Milady avant d'avoir besoin de regarder le post. Elle partage plein de points communs avec les deux Irène Adler, donc je reste cohérente, et j'aurais après tout pu choisir la Milady de la série the Musketeers de la BBC... Que j'adore-d'amour-fou, mais... Je voulais changer un peu.

Day Twenty-One: Favorite female character screwed over by canon
Ahem. C'est triste à dire mais il y en a tellement... J'ai très envie de ressortir Mandy Milkovich, mais comme j'en ai déjà parlé et que c'est malheureusement un truc fréquent... Je vais en chercher une autre.
Et après quelques tergiversations, on va opter pour Mellie Grant, de Scandal. Qui, non contente d'être présentée comme une antagoniste depuis le départ, se tape un certain nombre de malheurs que personne ne devrait accumuler. Son mari la déteste, tout comme la majorité des spectateurs. Le chief of staff de son mari la méprise et l'utilise (ou bien, il essaie). Son mari la trompe, tente de la détruire politiquement à plusieurs reprises, n'a absolument aucun respect pour elle. Elle a également été violée par son beau-père (qui est donc potentiellement le père de l'enfant qu'elle a eu), et a tenté de se suicider. Il ne reste plus que le cancer, mais je fais toute confiance à Shonda Rhimes.
Et à côté de ça, elle est d'une intelligence brillante qu'elle a juste choisi de mettre au service d'un homme qui ne la mérite pas. Elle s'est assise sur ses propres ambitions pour soutenir un connard qui ne voit pas ses talents et se fait chahuter par le chief of staff et la superbe Olivia Pope qui a toujours raison. Alors, certes, il semblerait que ça s'améliore un peu dernièrement (j'ai quelques épisodes de retard), mais j'a bien peur que ça ne dure pas trop.

Il y a deux ans, c'était Izzie Stevens, un autre personnage de Shonda Rhimes qui en a bien pris plein la tronche...


[Semaine 4]
Day Twenty-Two: Favorite female character you love but everyone else hates
Ahah, vues les circonstances, c'est très facile !!! Kate Argent, dans Teen Wolf. Oui, c'est une sociopathe meurtrière et dangereuse, une manipulatrice sadique et sans remords qui n'a même pas hésité à s'en prendre à des mineurs pour accomplir ses plans. Oui. Et je suis contente que Peter lui ait arraché la gorge. Et, SPOILERS, je ne lui souhaite aucun arc rédempteur. Je veux qu'elle reste une salope manipulatrice. Son retour m'a fait lever les yeux au ciel, mais rire, aussi. Je suis contente de retrouver sa folie meurtrière. J'aime le perso, dans tout ses extrêmes ridicules. Rien à faire.

J'avais fait un doublé avec Jo et Quinn, mais je pense que Kate concentre encore plus de haine que les deux autres réunies.

Day Twenty-Three: Favorite female platonic relationship
Ah, c'est compliqué, l'amitié entre femmes... Y compris dans les séries, c'est pourquoi certaines ont du mal à passer le test de Bechdel, malgré plusieurs épisodes et plusieurs personnages féminins. Mais il y a quand même quelques beaux exemples, et je choisis Mac et Sloan, de the newsroom. Parce qu'elle se fait très vite, sur des détails, qu'elle est pleine de tendresse mais aussi de piques, qu'elle n'accroche jamais sur un homme, et que parler de mecs n'est pas (du tout) au centre de leur relation, même si ça arrive. Parce qu'elles sont différentes mais complémentaires. Et parce que, oui, Sorkin pourrait insister un peu plus dessus.

Alors, j'avais choisi... Les nanas de Sex & the city.

Day Twenty-Four: Favorite female romantic relationship
J'en connais un peu plus qu'il y a deux ans, mais quand même. Et c'est sans trop de difficulté que je choisis Madame Vastra et Jenny, parce qu'elles sont adorables et complémentaires, et existent complètement en-dehors de leur relation (ok, surtout Madame Vastra), et parce que, sérieux, la silurienne et sa "servante" dans l'Angleterre victorienne ? What's not to like ?

Elles succèdent à Callie et Arizona, que j'ai donc bien fait de ne pas reprendre... XD

Day Twenty-Five: Favorite mother/daughter and/or sister relationship
Je suis aussi en retard sur cette série, mais j'aime assez la relation entre les soeurs Braverman, Sarah et Julia, de Parenthood. Elles s'aiment et s'adorent et se soutiennent, et en même temps, elles se disputent et se jalousent et il y a plein de trucs plus ou moins réglés entre elles. Ca reste plein de bons sentiments parce que c'est NBC et que c'est une série familiale et tout et tout, mais je les trouve chouettes. Et, oui, y a pas énormément de choix non plus et j'avais pas envie de chercher 107 ans.

Avant, c'était les 4 filles du Dr March et leur mère. Que j'étais allée chercher loin, soyons sérieux.

Day Twenty-Six: Favorite classical female character (from pre-20th century literature or mythology or the like)
Comme il n'y a pas de séries d'avant le 20° siècle, je vais donc choisir un personnage dans une série qui est censée se passer avant. J'en regarde assez pour que le choix ne soit pas trop trop restreint.
Milady, des mousquetaires. Comment ça je triche. Bon, oui, je triche, d'accord. Et ???? 0-)
Puis vous savez pourquoi je l'adore, hein. Indépendante, manipulatrice, dans une relation bien compliquée et bien destructrice avec Athos... Je l'aime d'amour, autant que lui, et ils sont probablement mon premier ship. Rien que pour ça... Et la série lui rend très bien hommage, sans en faire une guerrière façon l'atrocité en 3D, c'est une espionne efficace, qui se bat avec les armes qu'elle a dans un monde d'hommes qui ne lui fait aucun cadeau. Milady, quoi.

Elle succède (si on veut) à l'héroïne de Quo Vadis, Lygie.

Day Twenty-Seven: A female character you have extensive personal canon for
Je me souviens assez bien de qui j'avais choisi la dernière fois, et ma foi, c'est toujours la plus exacte... Mais je vois choisir Zoe Washburne de Firefly, cette fois. Alors, évidemment, la plupart de mon headcanon la concernant n'est pas un vrai headcanon, puisqu'il vient en bonne partie d'interviews que j'ai pu lire et de révélations sur le personnages par Whedon, mais quand même. Pas seulement. J'ai rempli les trous, je lui ai imaginé une enfance et des raisons d'aller à la guerre, un avenir, des avenirs, des univers alternatifs... Oui, je sais plein de choses sur Zoe Washburne.

Elle vient donc rejoindre McGo ! Rejoindre, parce que comme je l'ai dit, je n'ai pas arrêté de savoir plein de trucs sur la meilleure prof de POudlard.

Day Twenty-Eight: Favorite female writer (television, books, movies, etc.)
J'étais partie pour Jane Espenson, vraiment ! Mais outre qu'elle est super connue (et reconnue) et que j'adore les séries auxquelles elle a participé et les épisodes qu'elle a écrit... j'avais envie d'attirer l'attention sur une autre auteure qui mérite d'être reconnue, Meredith Stiehm. Qui ? Hé bien... Cold Case, ça vous dit quelque chose ? Voilà, c'est elle. On lui doit aussi the Bridge, l'adaptation américaine de Bron, et elle a participé à l'écriture de Homeland et, bien avant ça, à celles de ER (urgences) et NYPD Blue.

Oh, j'avais choisi Connie Willis ! Ben c'est bien.

Day Twenty-Nine: A female-centric fic rec
Hum, sachant que je lis probablement encore moins de fics qu'il y a deux ans...
Tiens, je vais faire un coup de pub à Gaelle31 et à ses fics sur les femmes de la famille Moon, bien qu'elle n'en ait pas forcément besoin. Gaelle est partie d'un nom de famille qu'on croise genre une fois dans les livres Harry Potter et a développé toute une famille avec un background et des traditions. Elle raconte la vie de plusieurs femmes de cette lignée, chacune ayant sa fic, son prénom commençant par un M, sa personnalité et ses ennuis. Toutes les fics ne se valent pas, mais elles forment un ensemble cohérent et développé de façon intelligente, très agréable et avec des personnages et des styles assez variés pour plaire à quasi n'importe qui. La fic en cours, Un jour, Mona Moon sera une rebelle, s'intéresse à celle qui a l'âge des Maraudeurs, et est probablement la meilleure du lot. Ma préférée, en tout cas.

Et elle rejoint Fenice et son bréviaire !




[liste des questions]Day One: Favorite lead female character
Day Two: Favorite supporting female character
Day Three: A female character you hated but grew to love
Day Four: A female character you relate to
Day Five: Favorite female character on a male-driven series
Day Six: Favorite female-driven series
Day Seven: A female character that needs more screen time
Day Eight: Favorite female character in a comedy work
Day Nine: Favorite female character in a drama work
Day Ten: Favorite female character in a sci-fi/supernatural work
Day Eleven: Favorite female character in a children's work
Day Twelve: Favorite female character in a movie
Day Thirteen: Favorite female character in a book
Day Fourteen: Favorite older female character
Day Fifteen: Favorite female character growth arc
Day Sixteen: Favorite mother character
Day Seventeen: Favorite warrior female character
Day Eighteen: Favorite non-warrior female character
Day Nineteen: Favorite non-human female character
Day Twenty: Favorite female antagonist
Day Twenty-One: Favorite female character screwed over by canon
Day Twenty-Two: Favorite female character you love but everyone else hates
Day Twenty-Three: Favorite female platonic relationship
Day Twenty-Four: Favorite female romantic relationship
Day Twenty-Five: Favorite mother/daughter and/or sister relationship
Day Twenty-Six: Favorite classical female character (from pre-20th century literature or mythology or the like)
Day Twenty-Seven: A female character you have extensive personal canon for
Day Twenty-Eight: Favorite female writer (television, books, movies, etc.)
Day Twenty-Nine: A female-centric fic recDay Thirty: Whatever you’d like
moi n&b - com

Mème des persos féminins - semaines 1 et 2

Bon, à la suite des votes de mes fidèles lecteurs... Le mème des personnages féminins est arrivé en tête des sondages, je le ferai donc en premier. Et j'enchaînerai probablement avec celui des séries ensuite.

(Pour ceux qui s'intéressent à mon défi personnel, il est déjà à jeter... J'ai eu des fofiennes à la maison ce week-end et m'en suis servi comme d'une excuse pour ne pas écrire. MAIS comme je ne renoncerai pas aussi facilement, on va s'y remettre et essayer de faire ça à peu près correctement jusqu'à Pâques quand même)

BREF ! Le mème, donc. Sans copier les réponses de la fois passée. Et j'ai également décidé de m'en tenir strictement aux héroïnes de séries. Parce que oui, ça me simplifie un peu la vie... Je referai peut-être le mème avec que des personnages de roman, un de ces jours. Si ça vous tente.
[Semaine 1]
Day One: Favorite lead female character
Et c'est là qu'on se rend compte qu'il y en a peu, hein ? J'ai beaucoup aimé la sortie de Cate Blanchett à ce sujet à la dernière cérémonie des Oscars. Enfin bref, ma réponse est donc... Veronica Mars. Elle est féroce, courageuse, intelligente, féminine, féministe, elle a des défauts... Bref, c'est un être humain avec plein de facettes et beaucoup de mordant.

Il y a deux ans, c'était Lorelai Gilmore. Je l'aime toujours autant, mais il faut croire que les priorités changent.

Day Two: Favorite supporting female character
Tante Polly, dans Peaky Blinders. Parce qu'il m'a fallu exactement 15 secondes pour l'adorer de toutes mes forces. Elle vit dans un monde d'hommes, dans une époque d'hommes, le monde criminel du Birmingham des années 1920. Mais elle a tenu la famille et les affaires pendant que les hommes étaient à la guerre, et si elle sait retrouver sa place dans l'ombre, elle n'est pas du genre à se laisser faire. Elle donne son avis, participe, intrigue elle aussi pour la famille Shelby et participe de son influence. Et quand elle tranche, même Tommy, le chef de famille, se range à son opinion et obéit.

Il y a deux ans, c'était Parker ! Sauf que je ne la range plus dans la catégorie "supporting character".

Day Three: A female character you hated but grew to love
April Kepner, dans Grey's Anatomy. Quand elle a débarqué, je ne pouvais pas la supporter. Ni sa voix, ni son look, ni son attitude de vipère sainte-nitouche... Quatre saisons plus tard, et c'est probablement l'une de mes préférées. Et je n'ai pas la MOINDRE idée de comment c'est arrivé. Donc... Bien joué, Shonda.
Lydia Martin, dans Teen Wolf, aurait presque pu convenir, mais... J'ai su assez rapidement que j'allais l'aimer, en fait, malgré sa moue boudeuse et son attitude de pompom girl. Après tout, Stiles ne pouvait pas être fou d'une véritable idiote.

Ce fut Rebecca Logan... Wow, je l'avais pour ainsi dire oubliée. Faut dire que je n'ai pas revu Greek depuis, en fait.

Day Four: A female character you relate to
Hou la, il y en a beaucoup qui correspondent, vous croyez pas ? C'est bien le but, qu'on se sente proche des personnages... Ma foi, j'en profite pour parler d'une mini-série qui n'a pas fait beaucoup de bruit, malgré son excellente qualité : Klondike, avec RIchard Madden, qui raconte la ruée vers l'or du Yukon, à la fin du XIX° siècle. On y croise Belinda Mulroney, une femme de tête, intelligente, ambitieuse, prête à tout ou presque pour accomplir ses rêves et, surtout, rester indépendante. Même si cela signifie être seule. (Et puis, mince, elle est fabuleuse et a une garde-robe à tomber par terre. Je veux.)

Elle succède à Karen Blixen, avec qui elle partage, comme c'est étrange, un certain nombre de points communs...

Day Five: Favorite female character on a male-driven series
Bon, je fais un peu dans la facilité en choisissant Felicity Smoak, d'Arrow, j'avoue. Dans la facilité parce que j'ai regardé un épisode encore hier et qu'elle est de loiiiiiin le personnage le plus intéressant. Et que ce n'était pas prévu et que c'est la fanbase qui a fait d'elle un personnage récurrent, puis régulier, et que mine de rien j'aime ce genre d'histoires. Dans la facilité, parce qu'Arrow n'est pas franchement une de mes séries préférées et que je pourrais probablement en trouver d'autres, beaucoup d'autres, surtout dans celles qui sont menées par un personnage masculin... Mais oh et puis zut, j'ai juste envie de choisir Felicity, là, et Arrow est en haut de ma liste alphabétique de séries.

Ce fut la princesse Leia... Pas tout à fait le même genre de perso, effectivement.

Day Six: Favorite female-driven series
Je vais faire la promotion d'Orphan Black... Parce que quoi de mieux pour cette catégorie qu'un show où la moitié des personnages sont incarnés par la même actrice, la fabuleuse Tatiana Maslany ? C'est une histoire de clones avec un petit côté thriller, et une direction brillante. C'est prenant, sombre comme il faut et drôle parfois aussi, chaque clone a sa personnalité et son caractère et ses particularités, et on en oublie avec beaucoup trop de facilité que c'est la même actrice à chaque fois. Franchement, c'est à voir absolument, et vous avez encore le temps de rattraper la saison 1 avant la sortie de la deuxième (début avril).

La dernière fois, c'était Orgueils et Préjugés, qui ne rentre plus tellement dans la sélection séries de toute façon.

Day Seven: A female character that needs more screen time
Mandy Milkovich, de Shameless (us). J'ADORE ce personnage, cette pauvre gamine paumée qui essaie de s'en sortir comme elle peut malgré les circonstances qui l'entourent. Elle est entourée d'hommes qui la considèrent en-dessous de tout pour la simple raison qu'elle est une femme, sa mère est morte d'une overdose, son père ne sort de prison que pour y rentrer... Et malgré tout, elle est là, elle encourage les autres à vivre à la hauteur de leur potentiel - même si elle reste derrière. Elle a un coeur gros comme ça, prête à aider et conseiller, juste pour faire plaisir, et même ses (nombreux) défauts la rendent adorable. Passée régulière en saison 3, elle est à peine visible en saison 4, et je trouve ça ultra dommage, parce que je ne la vois jamais assez.

Elle succède à Santana. Je ne regarde plus du tout Glee, je dois avouer...


[Semaine 2]
Day Eight: Favorite female character in a comedy work
Hum, je ne regarde pas beaucoup de sitcom et comédies, mais j'ai tendance à y adorer les personnages féminins... Allez, parce qu'elle me parle un peu plus que Mindy, je vais opter pour Sydney Roberts, de the Crazy Ones, que vous reconnaitrez forcément d'un autre show !! The crazy ones, c'est la sitcom qui est complètement passée inaperçue cette année, et qui est pourtant hilarante - et plutôt intelligente. Ok, le monde de la pub me parle particulièrement... Mais sincèrement, c'est drôle, c'est choupi, c'est tendre, c'est brillant... Et tous les personnages sont attachants. Quant à Sydney, elle adore son père, est célibataire, control freak et n'aime pas les chats. Ouais, elle me plait forcément, même si elle n'était pas Buffy.

Et c'était Eliott Reid il y a deux ans !! Ma foi, je reste assez cohérente, finalement...

Day Nine: Favorite female character in a drama work
Sloan Sabbith dans the newsroom. Là, tout de suite, on the top of my mind. Parce qu'elle est canon, intelligente, ambitieuse, un peu étrange aussi parfois, qu'elle a un style parfait même en jean et pull trop grand, parce qu'elle a des rêves et des principes, parce qu'elle sait ce qu'elle veut, parce qu'elle s'énerve et s'enthousiasme et fait des gaffes... Parce que c'est probablement un de mes personnages préférés de tous les temps et merci Aaron Sorkin de l'avoir écrite. Et parce que j'en veux encore, encore et encore et que la saison 3 sera la dernière et que j'en suis pas remise. Parce qu'Olivia Munn.

Elle succède à Marianne, celle des Caprices. Voilà qui est une bonne compagnie...

Day Ten: Favorite female character in a sci-fi/supernatural work
Aouch. Ca, c'est une question difficile, parce que si ce n'est pas nécessairement le genre que je regarde le plus, c'est probablement celui où il y a le plus de très très beau personnages féminins - et mes séries préférées. Alors le choix devient difficile... A vrai dire, là tout de suite, j'hésite entre Daenerys Targaryen (Game of thrones), River Song (Doctor Who), Zoe Washburne et Inara Serra (Firefly). Chacune pourrait correspondre, pour des raisons différentes.
D'ailleurs, quand j'ai demandé sur skype aux fofiennes, j'ai eu "Dany ! Sérieusement River ?" et "Zoé ! Sérieusement, Dany ?" Quasi simultanément. Ca m'aide vachement, tiens.
Bon, je vais choisir Inara, du coup. :p Elle cumule un bon côté badass caché derrière une façade plus classique, quelques secrets inavouables, un désir d'aventures, et une intelligence aiguisée. J'aime qu'elle soit aussi policée et au fait des convenances, pour mieux les détourner à sa faveur. Une Serpentard selon mon coeur.

Et il y a deux ans, j'avais eu tellement de difficulté à choisir que j'en avais nommé deux, Tosh et Olivia. Quand je dis que tout ça reste cohérent...

Day Eleven: Favorite female character in a children's work
Là, c'est plus facile, je regarde peu de show "pour enfants". Je choisis donc Toph, dans Avatar : le dernier maître de l'air. Je l'ai aimée dès la première apparition, elle est drôle, efficace, elle ne se laisse pas faire et dit tout ce qu'elle pense... Ouaip. Elle m'éclate.

Elle succède donc à Alice !

Day Twelve: Favorite female character in a movie
Hum, je ne veux pas passer trop de temps à chercher non plus, et ce qui me vient là tout de suite, c'est encore et toujours Fiona, de Quatre mariages et un enterrement. Parce que c'est Kristin Scott-Thomas et qu'elle est super mega classe. Et aussi parce que je suis une loque devant les histoires d'amour impossibles, surtout quand c'est exprimé avec autant de détachement et de désespoir en même temps. Fiona, ne t'en fais pas, tu mérites mieux que ça...

Mouhahahaha c'était déjà elle la dernière fois. Je l'adore, je vous dis.

Day Thirteen: Favorite female character in a book
Allez, choisissons, choisissons... Dur dur sélection. C'est parti pour Nymphadora Tonks, cette fois. Parce que j'ai accroché assez vite à ce personnage et que j'en aime tout, le côté loufoque et les plus sérieux. Elle est Auror parce qu'elle a fait un avantage d'une caractéristique qui a pu l'exclure parfois de la société des autres. Elle s'est battue pour ce qu'elle aime, même contre ceux qu'elle aime. Elle a donné sa vie parce que c'était son devoir. Bref, Tonks est une super badass et elle n'a pas la moitié de la reconnaissance qu'elle devrait. Vive elle.

Ah ben avant c'était Thursday Next ! Que j'ai failli prendre à nouveau...

Day Fourteen: Favorite older female character
Ah, les séries n'aiment pas les vieilles... Il y a donc peu de nominées, mais en général, elles sont excellentes, ce qui ne simplifie pas complètement le choix...
C'est donc Olenna Tyrell, de Game of Thrones. Honnêtement, dur de rivaliser avec Dame Diana Rigg herself, dans un rôle aussi excellent, ironique, drôle, intelligent... La reine des épines mérite bien son titre, même si Diane Lockhart (the good wife) et Leona Lansing (the newsroom) avaient de bons arguments...

Et avec Danielle Darieux en Mamie de Huit femmes, elle est en bonne compagnie...

Day Fifteen: Favorite female character growth arc
Daenerys pourrait correspondre ici, mais je vais quand même choisir un autre personnage sorkinien : Donna Moss, de the West Wing (à la maison blanche). Parce que son personnage est l'un de ceux qui évoluent le plus au cours des sept saisons que compte la série, à tous les niveaux. D'abord sur le plan profesionnel, évidemment, où elle insiste pour faire davantage de choses et évoluer, quitte à se détacher de celui qui lui donna sa chance et fut son premier patron. Parce que dans tout ce qu'elle fait, elle est efficace et meilleure de jour en jour. Parce que sur le plan personnel, aussi, même s'il lui faudra longtemps, elle finit par exprimer clairement ce qu'elle veut et ce qu'elle attend, et qu'elle l'obtient. Parce que Donna est trop cool, et si vous n'êtes pas d'accord, vous avez tort.

Elle rejoint donc Brennan et Brooke... Hum... J'ai arrêté de regarder les deux shows, mais je garde beaucoup d'affections pour elles. Surtout Brooke, en fait.


La suite mercredi prochain !!

[Liste des questions]Day One: Favorite lead female character
Day Two: Favorite supporting female character
Day Three: A female character you hated but grew to love
Day Four: A female character you relate to
Day Five: Favorite female character on a male-driven series
Day Six: Favorite female-driven series
Day Seven: A female character that needs more screen time
Day Eight: Favorite female character in a comedy work
Day Nine: Favorite female character in a drama work
Day Ten: Favorite female character in a sci-fi/supernatural work
Day Eleven: Favorite female character in a children's work
Day Twelve: Favorite female character in a movie
Day Thirteen: Favorite female character in a book
Day Fourteen: Favorite older female character
Day Fifteen: Favorite female character growth arc
Day Sixteen: Favorite mother character
Day Seventeen: Favorite warrior female character
Day Eighteen: Favorite non-warrior female character
Day Nineteen: Favorite non-human female character
Day Twenty: Favorite female antagonist
Day Twenty-One: Favorite female character screwed over by canon
Day Twenty-Two: Favorite female character you love but everyone else hates
Day Twenty-Three: Favorite female platonic relationship
Day Twenty-Four: Favorite female romantic relationship
Day Twenty-Five: Favorite mother/daughter and/or sister relationship
Day Twenty-Six: Favorite classical female character (from pre-20th century literature or mythology or the like)
Day Twenty-Seven: A female character you have extensive personal canon for
Day Twenty-Eight: Favorite female writer (television, books, movies, etc.)
Day Twenty-Nine: A female-centric fic rec
Day Thirty: Whatever you’d like